Arabie Saoudite
Dialogue national : des femmes choquées
par les propos d’un dignitaire religieux
le 15 juin 2004 à 00h00
Un dignitaire religieux saoudien a provoqué l’indignation de Saoudiennes, dont l’une a éclaté en sanglots, lors d’un débat à Médine sur la place de la femme dans la société, a rapporté hier le quotidien arabe al-Hayat.
Mohammed al-Arifi s’en est pris aux institutrices qui « ne s’habillent pas pudiquement et décemment », et déploré la réintégration dans leurs emplois de femmes ayant bravé l’interdit en se mettant au volant de leurs voitures il y a 13 ans, a rapporté le journal. Ces conductrices, qui ont conduit une voiture durant la guerre du Golfe en 1991, constituent une « source d’inquiétude en raison des idées qu’elles implantent dans l’esprit des étudiantes », a-t-il ajouté.
Indignée, Wafa al-Rachid, prévue pour prendre la parole après lui, a aussitôt éclaté en sanglots. Une fois calmée, elle lança : « En tant que mère, j’ai peur pour mes enfants si cet esprit extrémiste domine » dans le royaume. « Il est déplorable que l’institutrice soit jugée sur son aspect, et non sur sa compétence et son niveau académique, en raison de l’hégémonie de l’esprit extrémiste sur certains aspects de l’éducation », a déclaré Sihem al-Soueigh, qui était parmi les conductrices de 1991.
Pourtant, les droits de la femme sont au cœur de la troisième édition du « dialogue national », un forum de trois jours auquel étaient invités quelque 70 participants, dont 35 femmes, séparées des hommes dans un pays où la mixité est officiellement interdite.
Dans leurs recommandations publiées au terme de leur réunion hier et citées par l’agence officielle SPA, les participants ont souligné « l’importance d’accorder aux femmes tous leurs droits garantis par l’islam » et reconnu « l’aptitude de la femme à participer, aux côtés de l’homme, à l’édification de la société et à la sauvegarde de l’entité familiale ».
Pour canaliser le débat dans ce royaume conservateur, les autorités ont instauré l’an dernier un « dialogue national » dont la première session s’était tenue à Ryad en juin, et une autre fin décembre à huis clos, à La Mecque, avec la participation de dignitaires religieux et d’intellectuels, dont des femmes.
Des activistes libéraux ont commencé à faire entendre leur voix en Arabie pour tenter de limiter les restrictions imposées aux femmes.
Un dignitaire religieux saoudien a provoqué l’indignation de Saoudiennes, dont l’une a éclaté en sanglots, lors d’un débat à Médine sur la place de la femme dans la société, a rapporté hier le quotidien arabe al-Hayat.
Mohammed al-Arifi s’en est pris aux institutrices qui « ne s’habillent pas pudiquement et décemment », et déploré la réintégration dans leurs emplois de femmes ayant bravé l’interdit en se mettant au volant de leurs voitures il y a 13 ans, a rapporté le journal. Ces conductrices, qui ont conduit une voiture durant la guerre du Golfe en 1991, constituent une « source d’inquiétude en raison des idées qu’elles implantent dans l’esprit des étudiantes », a-t-il ajouté.
Indignée, Wafa al-Rachid, prévue pour prendre la parole après lui, a aussitôt éclaté en sanglots. Une fois...
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