Il est né, en 1932, en Flandre française, dont les fils parlent peu mais font ce qu’ils pensent.
Après des études primaires et complémentaires à Lille, il entre au petit séminaire à Saint-Thomas.
Au début des années 50, il est appelé à effectuer son service national dans la Coopération. Il est envoyé dans une communauté des pères bénédictins olivétains à Kobbé, un faubourg de Tripoli, où il est affecté à l’enseignement des mathématiques, de la physique et du français, tout en poursuivant ses études de théologie. Il s’acquitte avec une scrupuleuse conscience de sa tâche auprès d’adolescents parfois rugueux, mais attachants. Il leur inculque avec rigueur l’amour du travail bien fait. Sa mission d’enseigner fait désormais partie de sa vocation, une vocation qui sera conduite à son terme par le supérieur, le père Jean Quenettes. Il sera ordonné en 1960.
Il va ainsi, durant une vingtaine d’années, poursuivre un enseignement professionnel qualifié par les responsables de l’enseignement technique de l’époque, « de très grande qualité ».
La guerre éclate, hélas, en 1975, mettant le feu à la région. Après une période d’épreuve morale et physique, la communauté doit quitter le collège et le Liban. Elle ira en Haïti où il lui sera difficile de s’adapter.
Notre bénédiction reste en contact avec des amis du Liban qui pressentent, dans sa correspondance, un profond regret de sa mission passée auprès de la jeunesse libanaise. Il accepte, sans réserve, de revenir auprès d’elle, si c’est possible.
Après de longues démarches auprès de son ordre et de l’autorité romaine, il sera autorisé, en 1978, à se joindre à la communauté des pères de la Mission de Dahr el-Souane qui lui confie la direction des études de son école technique.
Dès lors, il se donnera totalement, avec le soutien de ses nouveaux supérieurs et confrères lazaristes au développement et à la formation des élèves, aux plans technique et éthique, ce but ultime qu’il lui semblait toujours ne pas pouvoir atteindre. Il devait se consumer à cette tâche. Il vient de s’éteindre à l’âge de 71 ans, après une cinquantaine d’années de service total, laissant une école de très haut niveau.
Cet homme, si effacé par rapport au monde extérieur et si présent à celui qu’il avait voulu, est le père Michel Birlouet obs, français, mais qui pourrait se dire plus libanais que lui ?
C’est à son niveau de dépouillement et de service des plus hautes valeurs que se retrouvent et se confondent les deux pays auxquels il appartient.
Nadim ABOUHAMAD de TARRAZI
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Il est né, en 1932, en Flandre française, dont les fils parlent peu mais font ce qu’ils pensent.
Après des études primaires et complémentaires à Lille, il entre au petit séminaire à Saint-Thomas.
Au début des années 50, il est appelé à effectuer son service national dans la Coopération. Il est envoyé dans une communauté des pères bénédictins olivétains à Kobbé, un faubourg de Tripoli, où il est affecté à l’enseignement des mathématiques, de la physique et du français, tout en poursuivant ses études de théologie. Il s’acquitte avec une scrupuleuse conscience de sa tâche auprès d’adolescents parfois rugueux, mais attachants. Il leur inculque avec rigueur l’amour du travail bien fait. Sa mission d’enseigner fait désormais partie de sa vocation, une vocation qui sera conduite à son terme par le...