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Actualités - Opinion

OPINION Qualité des soins aux prix les plus bas...

La polémique enclenchée dernièrement entre la CNSS et le syndicat des hôpitaux s’articule autour des tarifs de certains examens radiologiques, débat représentant le segment visible de l’iceberg. Cette opinion s’adresse avant tout aux radiologues, mais aussi aux collègues d’autres spécialités, aux tiers payants, ainsi qu’aux hommes politico-administratifs décideurs : – pour leur montrer à quel point les radiologues sont vigilants et décidés à protéger leur compétence dans un domaine où l’innovation technologique remet perpétuellement en question les pratiques médicales ; – afin de leur démontrer que l’imagerie dite moderne est en fait de l’imagerie courante ; – pour leur prouver que l’imagerie dans son ensemble reste le pivot essentiel de cette médecine moderne. Les objectifs de la politique sanitaire actuelle sont en fait d’améliorer la qualité des soins, d’accompagner le développement de nouvelles techniques (dont celles de l’imagerie) et de maîtriser les dépenses de santé. Pour les atteindre, une des solutions offertes aux professionnels de santé (en l’occurrence les organismes de la Sécurité sociale) est d’utiliser les outils du management de la qualité. L’imagerie médicale, spécialité médico-technique très évolutive, n’échappe pas à la règle. Elle est même au cœur de cette problématique, et la qualité concerne directement les professionnels de l’imagerie, ne serait-ce qu’à cause du rôle fondamental qu’elle joue dans l’organisation et le management moderne des structures sanitaires. Les radiologues doivent se convaincre qu’ils exercent dans un environnement évolutif, concurrentiel et incertain. L’engagement d’un service ou d’un cabinet d’imagerie dans une démarche-qualité est le fruit de la réflexion de ses responsables et de l’appréciation de l’influence de l’environnement. Les démarches-qualité, méthodes de management encore nouvelles dans notre métier, peuvent sembler lourdes, contraignantes et chères. Elles sont pourtant une réponse adaptée et une bonne façon d’assurer le développement des cabinets et services d’imagerie. De nombreux arguments négatifs sont souvent évoqués pour ne pas entreprendre ou pour repousser une démarche-qualité : le manque de temps, le coût et la nécessité de moyens importants, la lourdeur de la démarche et la contrainte. C’est vrai qu’il n’y a pas de qualité sans contrainte ni effort. Mais au total, ces démarches offrent plus d’avantages que d’inconvénients, en particulier si on raisonne à moyen terme. Le professionnalisme est de toute façon à ce prix. Le niveau de compétence et la maîtrise de la sécurité et de la qualité de leurs actes doivent être prouvés par les radiologues et reconnus par les patients, les tutelles et les tiers payants. Par ailleurs, toute la radiologie libanaise est confrontée aujourd’hui à son avenir. Une attaque contre les radiologues, sous couvert d’une habile préparation médiatique, les présente comme des nantis de la médecine et des praticiens à la morale élastique. Cette attaque, non justifiée, parfois humiliante, qui concerne tous les médecins, est dirigée en fait contre l’ensemble de la discipline. Occupons-nous de notre avenir avant que quelqu’un d’autre ne s’en charge à notre place. Les problèmes et questions donc qui se posent ne manquent pourtant pas : les moyens de l’allocation de ressources, la pertinence de la dichotomie, l’évaluation des pratiques professionnelles, la politique des revenus des médecins, la prévision et la régulation démographique, la carte sanitaire, la formation initiale et continue (obligation éthique et déontologique) sont autant de thèmes dont aucun ne doit être tabou, ne serait-ce que parce qu’un jour ou l’autre, ils seront au centre du débat et aussi parce que, pour l’instant, ils sont détournés, manipulés, enjeux de pouvoir et de discours. Les réponses conditionnent l’avenir et les questions se posent à notre spécialité un peu plus tôt qu’aux autres. Nous ne sommes pas les seuls à pouvoir y répondre, mais nos partenaires « économico-politiques » ne semblent guère disposés à rentrer dans le jeu. En définitive, si nous ne prenons pas les devants, le risque est grand de voir s’installer une ample récession radiologique. Ne pas donner aujourd’hui une réponse unitaire et unifiée, une réponse de médecin, ne pas retourner le discours qui fait de nous des techniciens ou des financiers profiteurs, c’est en effet aussi courir le risque de tarir le renouvellement de la profession. Nous assisterons alors en spectateurs impuissants à son démembrement. Impliquons tous nos partenaires dans notre réflexion, associons les acteurs économiques à notre démarche pour savoir convaincre. La voie est donc tracée, et il n’y en a qu’une. Dr Sami ABI GHANEM Ancien président de la Société libanaise de radiologie
La polémique enclenchée dernièrement entre la CNSS et le syndicat des hôpitaux s’articule autour des tarifs de certains examens radiologiques, débat représentant le segment visible de l’iceberg.
Cette opinion s’adresse avant tout aux radiologues, mais aussi aux collègues d’autres spécialités, aux tiers payants, ainsi qu’aux hommes politico-administratifs décideurs :
– pour leur montrer à quel point les radiologues sont vigilants et décidés à protéger leur compétence dans un domaine où l’innovation technologique remet perpétuellement en question les pratiques médicales ;
– afin de leur démontrer que l’imagerie dite moderne est en fait de l’imagerie courante ;
– pour leur prouver que l’imagerie dans son ensemble reste le pivot essentiel de cette médecine moderne.
Les objectifs de la...