Opération nettoyage pour les troupes US qui rentrent au pays
le 27 février 2004 à 00h00
Il est 03h et depuis neuf heures les soldats américains nettoient chaque écrou et boulon de leur véhicule, car après avoir passé près d’un an dans les zones de combats, ils doivent enlever chaque grain de poussière pour se conformer aux règlements de la douane américaine. « Pas de saleté, c’est la règle », dit l’inspecteur qui surveille des citernes et des camions de 5 tonnes crasseux, salis par les convois et les patrouilles répétées dans les prairies et les palmeraies autour de Tikrit (nord), ancien fief du président déchu Saddam Hussein.
Pour ces 52 hommes et femmes du bataillon 1-24 de la 4e division d’infanterie, il aura fallu plus de six heures de dur labeur dans la nuit glaciale de février avant que le premier d’entre eux ne puisse se conformer aux normes. Et ils étaient de service durant 12 heures avant d’avoir commencé.
Lorsque les marines avaient regagné leurs foyers l’été dernier, des ouvriers avaient été amenés d’Égypte, d’Inde et des Philippines pour exécuter le long travail pénible de lavage. Mais pour les 90 000 hommes des troupes supplémentaires qui doivent regagner le pays cette année, aucun budget n’y a été alloué.
Les soldats doivent eux-mêmes prendre une vacation de près de 24 heures, tout de suite après les trois jours de remontée vers le Koweït, pour nettoyer leurs véhicules du moindre microbe qui pourrait infester les récoltes américaines.
« C’est une honte. Avant, les travailleurs salariés du tiers-monde faisaient un meilleur boulot et étaient plus disponibles parce qu’ils n’étaient pas passés par les affres des combats. Maintenant, ils font des économies », estime cet officier de 34 ans, originaire de Floride. La plupart des soldats endurent ce supplice stoïquement, sachant qu’il s’agit de la dernière tâche à accomplir avant de retrouver leurs familles.
Il y a également des impératifs de sécurité. Les surfaces glissantes des rampes des citernes pouvant constituer un environnement dangereux pour les hommes exténués, comme le soulignent les officiers chargés de la sécurité du site.
Le fait que les soldats aient dû, 12 heures durant, aller d’un camp à l’autre autour de Koweït en raison de l’embouteillage résultant de l’immense rotation des troupes en Irak, augmente la fatigue des hommes et affaiblit leur concentration.
La plupart n’ont mangé que des sandwichs après des mois de rations militaires pour lesquelles ils n’ont plus d’appétit. Certains vont jusqu’à penser que les dangers de l’Irak ont plus d’attrait que l’insupportable attente à Koweït pour obtenir le feu vert pour leur unité et leur équipement. « Renvoyez-moi à Mossoul, c’est mieux qu’ici », peut-on lire sur un mur du camp.
Il est 03h et depuis neuf heures les soldats américains nettoient chaque écrou et boulon de leur véhicule, car après avoir passé près d’un an dans les zones de combats, ils doivent enlever chaque grain de poussière pour se conformer aux règlements de la douane américaine. « Pas de saleté, c’est la règle », dit l’inspecteur qui surveille des citernes et des camions de 5 tonnes crasseux, salis par les convois et les patrouilles répétées dans les prairies et les palmeraies autour de Tikrit (nord), ancien fief du président déchu Saddam Hussein.
Pour ces 52 hommes et femmes du bataillon 1-24 de la 4e division d’infanterie, il aura fallu plus de six heures de dur labeur dans la nuit glaciale de février avant que le premier d’entre eux ne puisse se conformer aux normes. Et ils étaient de service durant 12 heures...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
Restez informés pour seulement 10 $/mois au lieu de 21.5 $, pendant 1 an.
Abonnez-vous pour 1$ et accédez à une information indépendante.
Dans votre abonnement numérique : la version PDF du quotidien L’Orient-Le Jour, des newsletters réservées aux abonnés ainsi qu'un accès illimité à 3 médias en ligne : L’Orient-Le Jour, L’Orient Today et L’Orient Littéraire.