Autocritique de l’opposition : ce thème a réuni au campus des sciences sociales de l’USJ (rue Huvelin) une trentaine d’étudiants, de tous bords politiques. Cette table ronde, animée par Paul Khalifé, rédacteur en chef de Magazine, était organisée par le club de débat inter-universitaire « Le Nouvel Espace – innovation et mémoire », pour pousser les étudiants à réfléchir sur l’action du mouvement d’opposition et s’exprimer sur l’aboutissement d’une focalisation unique sur la Syrie.
D’emblée, le modérateur, M. Khalifé, a demandé aux étudiants de remettre en question le schéma politique libanais : des structures mal organisées, où la démocratie ne règne pas souvent... La discussion a donc débuté sur une possible distinction entre mouvement estudiantin et partis traditionnels, pour ensuite arriver au point crucial : pourquoi n’existe-t-il pas une coalition durable pour s’opposer au régime en place ?
Un débat s’est alors engagé entre partisans de la lutte pour la réforme avant la souveraineté et partisans de la formule inverse, suscitant certaines réflexions : « Existe-t-il une seule perception de la notion de souveraineté chez tous les Libanais ? » « Doit-il y avoir un ordre de priorités pour un pays sorti d’une guerre ? » évoquant également « la nécessité que l’opposition fasse son devoir social », « la représentativité d’une opposition qui ne se préoccupe pas de la vie quotidienne des citoyens », « l’éventualité d’une composante favorable à la Syrie, et donc la nécessité d’un dialogue », mais aussi « l’impossibilité de la création d’une société sans souveraineté et indépendance », « le rôle obscur de la Syrie qui n’est pas favorable à toute réforme » et « le contrôle quasi total de la Syrie sur toute la société »...
Synthèse de cet échange d’idées : la différence de perception du rôle de l’opposition dans le pays. Prend-elle le relais de l’État là où ce dernier échoue ou bien joue-t-elle uniquement un rôle de dénonciateur des atteintes aux grands principes ? Le modérateur a demandé aux étudiants d’analyser les résultats de la partielle de Baabda-Aley : si la participation du courant aouniste est peut-être une percée, le taux d’abstention ne démontre-t-il pas un désintérêt à l’égard de ces idéaux ?
La conclusion a naturellement été faite autour des prochaines municipales : quelles devront être les principales revendications de l’opposition ? « La résistance à l’hégémonie syrienne » ou bien d’autres considérations dites « plus proches des citoyens » ? De plus, devrait-il y avoir une collaboration entre des forces politiques favorables au régime en place ? « Pourquoi pas, mais les services de sécurité empêchent cela », rétorquent certains étudiants.
Si cette table ronde n’a peut-être pas permis de déboucher sur un résultat concret ou une position unifiée, elle a, en revanche, contribué à dégager une idée plus claire quant à la perception des étudiants vis-à-vis de l’opposition. En bref, une sorte de sondage sur les futurs enjeux de la bataille politique au sein d’un mouvement estudiantin encore trop tenu « par les forces traditionnelles », de l’aveu même d’un des participants.
Ziad GEBRAN
Étudiant en économie à l’USJ
Autocritique de l’opposition : ce thème a réuni au campus des sciences sociales de l’USJ (rue Huvelin) une trentaine d’étudiants, de tous bords politiques. Cette table ronde, animée par Paul Khalifé, rédacteur en chef de Magazine, était organisée par le club de débat inter-universitaire « Le Nouvel Espace – innovation et mémoire », pour pousser les étudiants à réfléchir sur l’action du mouvement d’opposition et s’exprimer sur l’aboutissement d’une focalisation unique sur la Syrie.
D’emblée, le modérateur, M. Khalifé, a demandé aux étudiants de remettre en question le schéma politique libanais : des structures mal organisées, où la démocratie ne règne pas souvent... La discussion a donc débuté sur une possible distinction entre mouvement estudiantin et partis traditionnels, pour ensuite...
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