L’euro a reculé face au dollar au lendemain de son envolée sur des prises de bénéfices. Ce développement est intervenu après le statu quo monétaire observé par la Fed à l’issue de la réunion de son comité de l’open market, lequel s’est déclaré convaincu, au vu du chômage et de l’inflation assez basse aux États-Unis, que la reprise a encore besoin d’être soutenue par une politique accommodante du crédit (voir par ailleurs). Les opérateurs, qui ont relevé l’absence de la phrase « pendant une période considérable » dans le communiqué final de la Fed pour la première fois depuis juin dernier, se sont montrés rassurés sur les perspectives d’avenir du dollar. Ils n’ont pas tardé ainsi à ignorer la stagnation des commandes de biens durables aux États-Unis en décembre après leur baisse de 2,3 % en novembre et la chute des ventes de logements neufs de 5,1 % pendant la même période. Il se sont montrés, au contraire, plus attentifs aux déclarations des responsables européens, qui continuaient à se plaindre de l’appréciation de l’euro à la veille de la réunion des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales du G7 en Floride, à la fin de la semaine prochaine. À cet égard, ils ont fait état des propos attribués au chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi, déplorant la force actuelle de la monnaie unique et affirmant qu’il espérait pour l’avenir une parité euro-dollar tenant compte des exigences de l’économie mondiale. Ils ont été sensibilisés aussi par la déclaration du ministre néerlandais des Finances, Gerrit Zalm, qui a exprimé son souhait de voir le G7 faire écho aux préoccupations de l’eurogroupe face à l’appréciation de l’euro lors de sa prochaine réunion. En effet, la monnaie unique, qui avait grimpé jusqu’à 1,2665 $, a dû subir des prises de bénéfices la ramenant au-dessous du seuil de 1,25 $ avant de s’inscrire à New York à 1,2495 $ contre 1,2635 la veille, en baisse de 1,11 % en moyenne.
En Bourse, les marchés US ont renoué avec la baisse sur des ventes bénéficiaires après le communiqué de la Fed, les mauvais chiffres de l’économie publiés hier et les nouvelles peu encourageantes au niveau des prévisions de certaines sociétés comme Amazon.com, Procter & Gamble et Altria. Quant aux Bourses européennes, elles ont pour la plupart terminé en hausse, résistant aux statistiques US décevantes. Elles ont été tirées par les pharmaceutiques, les technologiques et les bancaires.
À Beyrouth, les besoins de certaines banques en dollars, pour le règlement de ce qui reste dans leur portefeuille de certificats de dépôt émis par la BDL à 3 ans, l’ont maintenu au-dessus du haut de sa fourchette d’intervention, soit entre 1 516 et 1 518 LL. sur le marché secondaire.
À la Bourse de Beyrouth, la tendance était à la baisse hier avec le recul de 3 100 actions A de Solidere de 4,66 à 4,59 $, la stabilité de 2 000 actions de la Byblos Bank à 1,71 $ et de 4 000 certificats GDR de la Blom Bank à 23,75 $.
Élie KAHWAGI
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