WASHINGTON-Irène MOSALLI
Après le bruit des armes dans la lutte du Dernier samouraï, l’épique Retour du roi du seigneur des anneaux , la saga de La montagne froide, le déchaînement de l’océan, des ambitions et des passions de Maître et commandant, pour ne citer que les plus importants des films de la saison, on peut reprendre sa respiration et décompresser très agréablement en allant voir Le jeune étalon noir. Un véritable bol d’air frais, de poésie, de beauté et de dépaysement que cette merveilleuse production de la firme Disney qui, pour la première fois, se lance dans une production dramatique, tournée en IMAX et projetée uniquement sur un grand écran hémisphérique. Elle est inspirée du film L’étalon noir (1979), tiré du roman du même nom de Walter Farley.
Il fallait bien un écran géant pour les vastes espaces que vont parcourir l’héroïne et sa monture. L’histoire est celle d’une jeune adolescente, Neera, qui, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, en Afrique du Nord, se trouve séparée de ses parents lors d’une attaque de leur caravane. Perdue en plein désert, elle tombe sur un cheval jeune, noir et nerveux. Ils sont complètement étrangers l’un à l’autre. Mais lorsqu’elle l’approche, il ne se cabre pas et l’accueille comme une cavalière de longue date. Elle commence à cheminer avec lui. À cause de son agilité, de son flair et de son intelligence, elle le nomme «Chitan» (diable). S’établit alors entre eux une complicité qui les fera agir à l’unisson. Et «Chitan» finira par ramener Neera à bon port dans son village natal.
Des sites imprenables
en Afrique du Sud
Pour en arriver là, il leur a fallu vivre une aventure qui les fait traverser, au trot et au galop, des régions aussi diverses que magiques. Pour magnifier ce périple, le metteur en scène, Simon Wincer, a choisi pour son tournage les immenses paysages sud-africains qui sont bien plus spectaculaires que ceux d’Afrique du Nord, où l’histoire est censée se dérouler ; les sites imprenables du désert de Namibie, la majesté des montagnes du Drakensberg et leurs pâturages ondulants, et la colline pointue du Spitzkoppe qui apparaît tel un mirage.
Et pour évoquer le village natal de Neera, on a planté dans ce décor naturel de l’Afrique du Sud un autre décor minutieusement reconstitué et qui évoque l’Afrique du Nord : celui d’une casbah marocaine. C’est dans ce cadre que se déroule un autre moment saisissant du film : une course de chevaux à laquelle participe Neera pour restaurer l’honneur de son grand-père, seul survivant de sa famille, qu’elle retrouvera solitaire dans sa maison détruite.
Le film, qui met en vedette la plus belle acquisition de l’homme, a requis l’utilisation de 40 chevaux que l’on fait travailler en alternance pour ne pas les fatiguer. Neuf chameaux font partie de la distribution, de même que des chèvres, des poulets et des moutons.
Le rôle de Neera est campé par une jeune texane, Biana Tamimi, qui avait onze ans lors du tournage (aujourd’hui elle en a 13) et qui fait de l’équitation depuis l’âge de 5 ans. Elle est de père palestinien et de mère mexicaine.
Quant à l’autre héros, «Chitan», c’est un pur-sang arabe de la trempe de ceux qui seraient, selon un rêve de Neera, «nés du sable, engendrés par la nuit noir et buveurs de vent ».
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