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Actualités - Opinion

tribune « La science au service de tous les pays »

Par Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies Aucun pays ne peut prétendre adopter des stratégies avisées et prendre des mesures efficaces sans disposer de capacités scientifiques et techniques indépendantes. Une des grandes questions auxquelles les États doivent répondre en ce début du XXIe siècle est de savoir comment la science et la technologie peuvent les aider à résoudre les problèmes qui se posent. Comment stimuler la croissance dans une économie de l’information ? Comment empêcher la dégradation de l’environnement aux niveaux mondial et régional ? Comment tirer le meilleur parti des complots technologiques, enrayer rapidement la propagation de nouvelles maladies ou déjouer les complots terroristes ? Aucun pays ne peut prétendre adopter des stratégies avisées et prendre des mesures efficaces sans disposer de capacités scientifiques et techniques indépendantes. Lors du Sommet du millénaire, en septembre 2000, les dirigeants du monde entier ont adopté la Déclaration du millénaire, qui définit un ensemble d’objectifs communs centrés sur les grands problèmes de notre époque. Les huit objectifs du millénaire pour le développement (www.un.org/french/milleniumgoals), qui sont au cœur de la déclaration et qui doivent tous être atteints d’ici à 2015, portent notamment sur la réduction de la pauvreté, la lutte contre le sida et l’universalisation de l’enseignement primaire. Ce sont des objectifs simples mais ambitieux que tout un chacun, de New York à New Delhi, peut appuyer et comprendre sans peine. Toutefois, les progrès accomplis jusqu’à présent dans la réalisation de ces objectifs ont été très inégaux, en raison notamment de la faiblesse de la croissance économique mondiale, de la lenteur des réformes dans les pays en développement et de l’insuffisance de l’aide fournie par les pays développés. Il faut qu’un véritable partenariat s’instaure entre les pays développés et les pays en développement, y compris dans les domaines de la science et de la technologie. Ensemble, les communautés scientifiques et technologiques des différents pays et régions du monde disposent de moyens d’action considérables. Pour autant qu’ils aient pleinement accès à ce réservoir commun et puissent acquérir des capacités scientifiques indépendantes, les États pourraient engager un dialogue national honnête sur les avantages et les inconvénients que présentent les nouvelles technologies, telles que les organismes génétiquement modifiés ou la nanotechnologie. Ainsi pourraient-ils décider, en toute connaissance de cause, d’adopter ces technologies ou de les rejeter. L’époque où nous vivons ouvre des perspectives nouvelles pour la participation de tous les pays à la grande aventure scientifique et technologique. De nouveaux programmes d’enseignement scientifique sont mis au point partout dans le monde, par exemple, en vue d’encourager les enfants à faire des études scientifiques ou pour les aider à appliquer leurs connaissances scientifiques, même ceux des pays les moins avancés peuvent entreprendre des travaux de recherche en collaboration avec leurs confrères du monde entier. Ainsi, le réseau Science and Development Network (www.SciDev.net), basé à Londres, offre aux pays en développement des informations à jour sur les questions scientifiques et soutient la création de réseaux régionaux. Ces initiatives sont encourageantes, mais ne suffisent pas. Nous ne pourrons atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés que si nous exploitons tout le potentiel de créativité et d’imagination dont dispose l’humanité. Un rapport intitulé Inventing a Better Future : A Strategy for Building Worldwide Capacities in Science and Technology (Inventer un avenir meilleur : une stratégie pour renforcer les capacités scientifiques et techniques dans le monde entier), qui a été publié récemment, recommande à tous les pays d’élaborer une stratégie qui tienne compte de l’acquisition des compétences dans les domaines qui comptent le plus pour eux. Il suggère aussi que les pays en développement consacrent un minimum de 1 à 1,5 % de leur produit intérieur brut au renforcement de leurs capacités scientifiques et technologiques. Ce rapport est le fruit de la réflexion d’un groupe d’étude composé de scientifiques renommés réunis par le nouveau Conseil interacadémique, organe formé suite à la demande que j’ai faite aux académies nationales des sciences d’engager leurs meilleurs éléments à mettre leurs compétences et leur savoir au service de l’Onu et d’autres organisations internationales. Dans son deuxième rapport, qu’il publiera l’été prochain, le Conseil interacadémique fera des recommandations quant aux moyens scientifiques et technologiques qui permettraient d’améliorer le rendement agricole en Afrique. Des experts africains et des spécialistes d’autres régions travaillent ensemble sur ce rapport afin de trouver des solutions à un problème qui touche des centaines de millions d’Africains. Les initiatives du Conseil interacadémique montrent qu’il existe, dans les milieux scientifiques du monde entier, une réelle volonté de collaborer. J’espère que cette dynamique pourra être entretenue et s’étendre à d’autres domaines de l’activité humaine.
Par Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies

Aucun pays ne peut prétendre adopter des stratégies avisées et prendre des mesures efficaces sans disposer de capacités scientifiques et techniques indépendantes.
Une des grandes questions auxquelles les États doivent répondre en ce début du XXIe siècle est de savoir comment la science et la technologie peuvent les aider à résoudre les problèmes qui se posent. Comment stimuler la croissance dans une économie de l’information ? Comment empêcher la dégradation de l’environnement aux niveaux mondial et régional ? Comment tirer le meilleur parti des complots technologiques, enrayer rapidement la propagation de nouvelles maladies ou déjouer les complots terroristes ? Aucun pays ne peut prétendre adopter des stratégies avisées et prendre des mesures efficaces...