Malaisie
La « révolution tranquille » du nouveau Premier ministre Abdullah Ahmad Badawi
le 09 février 2004 à 00h00
Au cours de ses premiers cent jours au pouvoir, le Premier ministre malaisien Abdullah Ahmad Badawi a pris, sans faire d’éclat, ses distances d’avec la politique de son bouillant prédécesseur Mahathir Mohamad. Le nouveau dirigeant a rompu avec les diatribes antioccidentales dont M. Mahathir s’était fait le spécialiste en 22 ans de pouvoir et a amorcé une politique plus conciliante avec ses voisins.
« Le style diplomatique est constructif et indique un changement vers une politique étrangère fondée sur les intérêts plutôt que la rhétorique et l’idéologie », a commenté un diplomate occidental. Un autre analyste estime toutefois qu’il est trop tôt pour dire si le changement de ton constaté depuis l’arrivée de M. Abdullah au pouvoir le 31 octobre traduit une modification sur le fond. Il note par exemple que, sur l’Irak, M. Abdullah, 64 ans, n’utilise pas le langage vif de son prédécesseur mais que « la Malaisie a maintenu une ligne très ferme condamnant l’occupation comme inacceptable ».
La Malaisie a également amorcé une détente de ses relations avec ses voisins, parfois difficiles sous Mahathir. Elle a ainsi rendu deux visites à Singapour, malgré l’existence de plusieurs contentieux entre les deux pays. Sur le front intérieur, des diplomates ont également donné un bon point au nouveau dirigeant, notamment pour son engagement à lutter contre la corruption, contre les abus de la police et pour plus de transparence dans les décisions économiques. En revanche, notent des observateurs occidentaux, aucun changement véritable n’est notable sur le front des droits de l’homme. Les diplomates citent les restrictions aux libertés politiques et le maintien en prison de l’ex-vice Premier ministre Anwar Ibrahim, détenu officiellement pour corruption et sodomie, mais considéré par beaucoup comme un prisonnier politique.
Un envoyé européen espère une évolution après des élections, prévues cette année, selon les résultats obtenus par M. Abdullah. Le scrutin sera le premier vrai test pour le Premier ministre qui affrontera une opposition islamique qui avait triplé ses sièges en 1999.
Au cours de ses premiers cent jours au pouvoir, le Premier ministre malaisien Abdullah Ahmad Badawi a pris, sans faire d’éclat, ses distances d’avec la politique de son bouillant prédécesseur Mahathir Mohamad. Le nouveau dirigeant a rompu avec les diatribes antioccidentales dont M. Mahathir s’était fait le spécialiste en 22 ans de pouvoir et a amorcé une politique plus conciliante avec ses voisins.
« Le style diplomatique est constructif et indique un changement vers une politique étrangère fondée sur les intérêts plutôt que la rhétorique et l’idéologie », a commenté un diplomate occidental. Un autre analyste estime toutefois qu’il est trop tôt pour dire si le changement de ton constaté depuis l’arrivée de M. Abdullah au pouvoir le 31 octobre traduit une modification sur le fond. Il note par exemple que,...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
Restez informés pour seulement 10 $/mois au lieu de 21.5 $, pendant 1 an.
Abonnez-vous pour 1$ et accédez à une information indépendante.
Dans votre abonnement numérique : la version PDF du quotidien L’Orient-Le Jour, des newsletters réservées aux abonnés ainsi qu'un accès illimité à 3 médias en ligne : L’Orient-Le Jour, L’Orient Today et L’Orient Littéraire.