Chypre
Ankara, irrité par Annan, demande une intervention américaine sur l’avenir de l’île
le 09 février 2004 à 00h00
La Turquie, irritée par les modalités d’une lettre du secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan, appelant à la reprise, demain, des négociations de paix à Chypre, a sollicité une intervention des États-Unis.
Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan et son ministre des Affaires étrangères Abdullah Gül ont appelé le président et le secrétaire d’État américains, George W. Bush et Colin Powell, pour leur demander de peser sur l’Onu pour régler ce qu’ils considèrent comme un problème de « procédure » dans la nouvelle tentative onusienne de renouer le dialogue interchypriote en vue d’une réunification de Chypre. « Il y a des choses dans cette lettre (d’Annan appelant les chefs des communautés grecque et turque de l’île à reprendre les discussions) que nous n’aimons pas. Elles sont liées à la procédure », a déclaré M. Gül à la télévision au terme de sa conversation téléphonique avec son homologue américain. « Nous attendons d’eux les démarches pour que les choses se développent comme nous le souhaitons. Sans aucun doute, ils ont commencé à le faire maintenant », a-t-il ajouté.
La lettre de M. Annan, publiée par la presse, demande aux deux parties chypriotes d’accepter à l’avance l’Onu comme arbitre final sur tout problème qui ne pourrait être résolu par la négociation et de soumettre le projet de règlement à référendum le 21 avril dans les deux communautés de l’île. M. Gül a précisé que M. Annan souhaitait également que les pays garants – la Turquie, la Grèce et la Grande-Bretagne – approuvent le projet de règlement avant qu’il ne soit soumis à un référendum. Selon le journal à gros tirage Hurriyet, M. Erdogan a exprimé à M. Bush son « mécontentement » du fait que les modalités avancées par une Onu pressante pour un règlement ne laissent à la Turquie aucune marge de manœuvre pour des révisions qu’elle souhaite apporter au plan Annan. M. Erdogan avait, lors d’une visite fin janvier aux États-Unis, demandé aux autorités américaines d’œuvrer en faveur d’une solution. Il avait toutefois souligné que son gouvernement voulait que l’identité turque à Chypre soit sauvegardée.
M. Denktash a indiqué vendredi qu’il se rendrait dimanche à New York. Mais il a en même temps réitéré sa ferme opposition aux conditions préalables posées par l’Onu à la reprise des négociations. Il a vivement dénoncé l’imposition par l’Onu du 25 mars comme date limite pour conclure les négociations et a refusé de reconnaître la réunion de demain comme une relance effective des pourparlers. M. Denktash a reçu samedi le Conseil des ministres chypriote turc dirigé par le très proeuropéen nouveau Premier ministre Mehmet Ali Talat alors que M. Erdogan s’est entretenu avec le chef de l’armée, le général Hilmi Ozkok, très vraisemblablement du dossier chypriote, selon les médias.
Les entretiens à New York, qui, outre les parties chypriotes, réuniront des représentants des trois pays garants pourraient durer quelques jours avant de continuer à Nicosie.
La Turquie, irritée par les modalités d’une lettre du secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan, appelant à la reprise, demain, des négociations de paix à Chypre, a sollicité une intervention des États-Unis.
Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan et son ministre des Affaires étrangères Abdullah Gül ont appelé le président et le secrétaire d’État américains, George W. Bush et Colin Powell, pour leur demander de peser sur l’Onu pour régler ce qu’ils considèrent comme un problème de « procédure » dans la nouvelle tentative onusienne de renouer le dialogue interchypriote en vue d’une réunification de Chypre. « Il y a des choses dans cette lettre (d’Annan appelant les chefs des communautés grecque et turque de l’île à reprendre les discussions) que nous n’aimons pas. Elles sont liées à la...
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