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Actualités - Chronologie

Les réformateurs éliminés dans un grand silence populaire

Les réformateurs iraniens les plus critiques, élus avec enthousiasme il y a quatre ans, ont été éliminés des législatives sans recevoir, par impuissance et par désillusion, d’autre soutien public que celui de quelques centaines d’étudiants et intellectuels. Ahmad, le conducteur d’un de ces taxis où les Téhéranais, par défaut, aiment à parler politique, ne se rendra pas aux urnes. De plus en plus de Téhéranais qui ont voté réformateur en espérant monts et merveilles en sont réduits comme lui à faire le taxi pour améliorer l’ordinaire. Pour les analystes, c’est dans l’électorat réformateur, jeune et féminin, que vont se recruter les abstentionnistes. « L’abstention, dit l’un de ces observateurs, sera plus forte encore qu’aux municipales, elle touchera même les petites villes où les relations tribales ne produiront plus leur effet. » Les analystes font observer que les conservateurs savent, eux, mobiliser leurs partisans. Akbar assure que son épouse en tchador, Nargess, et lui iront, malgré la complexité de l’exercice, remplir leur bulletin « parce que c’est conforme à la religion, que nous voulons que notre voix soit entendue et que ce sont les élections qui font tourner le pays ». La presse a abondamment parlé et écrit sur la crise, signe que les Iraniens ne se désintéressent pas de la politique. Mais les expressions de soutien aux réformateurs n’ont pas foisonné. La presse a publié hier le communiqué de 500 universitaires et intellectuels soutenant « le mouvement historique des députés ». Les étudiants, à la pointe de la revendication démocratique, se sont d’abord tenus à l’écart. Pour beaucoup d’entre eux, les réformateurs n’avaient rien fait pour leurs camarades quand ceux-ci étaient emprisonnés. Et la justice iranienne, bastion des conservateurs, a mis en garde huit quotidiens réformateurs, les accusant de « semer la discorde » par leur couverture de la crise. Les conservateurs ont aussi prévenu les réformateurs qu’ils pourraient avoir à rendre des comptes après les législatives.
Les réformateurs iraniens les plus critiques, élus avec enthousiasme il y a quatre ans, ont été éliminés des législatives sans recevoir, par impuissance et par désillusion, d’autre soutien public que celui de quelques centaines d’étudiants et intellectuels.
Ahmad, le conducteur d’un de ces taxis où les Téhéranais, par défaut, aiment à parler politique, ne se rendra pas aux urnes. De plus en plus de Téhéranais qui ont voté réformateur en espérant monts et merveilles en sont réduits comme lui à faire le taxi pour améliorer l’ordinaire. Pour les analystes, c’est dans l’électorat réformateur, jeune et féminin, que vont se recruter les abstentionnistes. « L’abstention, dit l’un de ces observateurs, sera plus forte encore qu’aux municipales, elle touchera même les petites villes où les relations...