Rechercher
Rechercher

Actualités - Reportage

JEUNES RÉALISATEURS - Entre publicité et fiction Wissam Smayra croit aux histoires d’humour

Il a l’air tout droit sorti d’un film de Truffaut. Quelque chose en lui de François, dans l’humour froid et l’absurde. Dans les mots et le détachement, quelque chose d’Antoine Doisnel, le personnage fétiche du cinéaste. Un personnage, aussi, ce Wissam, qui met en scène comme il se met en scène, avec subtilité. Il y a un langage « wissamesque », que seul Wissam Smayra et ses amis comprennent, comme un code de légèreté. Il y a également dans les films publicitaires et les courts-métrages, qu’il aime à réaliser, ce même langage qui ne se prend pas au sérieux, mais prend très au sérieux le travail. Un homme qui hésite, incertain, angoissé, car jamais satisfait, mais qui arrive à transmettre une histoire, un message, un produit. Wissam, une barbe de quelques jours, tous les jours, le teint pâle, souvent souligné de lunettes Ray Ban noires, très « stylé», un négligé suffisamment étudié pour séduire, n’aime pas trop parler de lui. Avoir l’air, lorsqu’il n’a pas l’air du tout. La prétention semble être sa hantise. « Je n’ai rien fait encore de ce que je voudrais faire. Dans notre pays, il y a souvent une fausse gloire, une sorte de faux star-system. Il s’agit surtout de ne pas y croire. » Souvent caché derrière des produits qu’il met en scène, dans des histoires qu’il veut drôles – « Je trouve toujours un plaisir à faire des films publicitaires où j’essaie d’injecter des petites histoires d’humour, tout en vendant le produit » –, il s’est mis en avant dans le court-métrage Non-métrage libanais, qu’il a écrit et réalisé avec son complice Ghassan Koteit, pour le lancement de la Fondation pour l’image. L’histoire d’un jeune réalisateur qu’il interprète, et qui essaie de faire un film. Un jumeau, presque. Alors, lorsqu’on lui demande si le personnage du film lui ressemble, il répond: «Physiquement?» Puis, plus sérieusement : « C’est vrai que je ne suis pas dans une quête de fond mais c’est un peu ça. Je suis en train d’écrire un long-métrage depuis plus d’un an. Je construis, je déconstruis.» Wissam a même participé au programme d’écriture de fiction «Aristote». Un «hakawati» en quête d’histoires «La publicité, poursuit Wissam, m’a tout apporté. La discipline, penser juste, focaliser sur un projet, être rapide, efficace et savoir que l’on est obligé de tout faire dans un temps réduit et très précis. C’est un métier de communication qui a pour but premier de vendre.» Son travail, que l’on reconnaît par la forme et le ton, a souvent été récompensé. «On a tous des manières, bonnes ou mauvaises. Une façon de parler, de s’habiller, de faire des films aussi.» Des «manières» qu’il a apprises dans des agences de publicité et des maisons de production, où il a été tour à tour conseiller marketing, directeur artistique, assistant réalisateur, concepteur, rédacteur et directeur de création. Que ce soit pour la publicité ou pour le cinéma, il aime «raconter des histoires, pas nécessairement intimes. Au cinéma, c’est différent, plus personnel. Le réalisateur peut être dans l’art.» Alors, après un Non-métrage libanais fort réussi, il faut souhaiter à Wissam Smayra un long-métrage plein d’humour. « J’aime ce rôle de “hakawati”, une personne qui raconte des histoires dans un endroit, une soirée. » Un rôle qui lui va comme un gant et dont il a fait une passion. CARLA HENOUD Courts-métrages et prix 1994 :Deux, fiction de 3 minutes. 1995 : L’Unité, fiction de 20 minutes. 1996 : Insomnie, fiction de 3 minutes. 2003 : Non-métrage libanais, fiction de 11 minutes. Prix du jury, meilleur court-métrage pour Insomnie (1996, Béryte). Phénix d’argent et prix de la catégorie pour Liberto Jeans (1998).
Il a l’air tout droit sorti d’un film de Truffaut. Quelque chose en lui de François, dans l’humour froid et l’absurde. Dans les mots et le détachement, quelque chose d’Antoine Doisnel, le personnage fétiche du cinéaste. Un personnage, aussi, ce Wissam, qui met en scène comme il se met en scène, avec subtilité.
Il y a un langage « wissamesque », que seul Wissam Smayra et ses amis comprennent, comme un code de légèreté. Il y a également dans les films publicitaires et les courts-métrages, qu’il aime à réaliser, ce même langage qui ne se prend pas au sérieux, mais prend très au sérieux le travail. Un homme qui hésite, incertain, angoissé, car jamais satisfait, mais qui arrive à transmettre une histoire, un message, un produit. Wissam, une barbe de quelques jours, tous les jours, le teint pâle, souvent...