L’hôtellerie reprend des couleurs. L’offre se diversifie et s’adapte à des segments de clientèle dont le pouvoir d’achat est on ne peut plus disparate. Mais les professionnels du secteur sont unanimes à parler d’un marché de tarifs qui se rationalise. Et les prix des chambres, quel que soit le nombre d’étoiles de l’établissement hôtelier ont été révisés à la baisse. Le taux de remplissage est aléatoire. Il s’inscrit en dents de scie et le retour sur investissement ne peut être envisagé avant cinq à sept ans, dans le cas de figure le plus optimiste. De nombreuses enseignes internationales, qui se sont installées au Liban, notamment dans la capitale, ont fait les frais de pronostics optimistes. Elles ont dû dans certains cas résilier des contrats de gestion six mois après leur entrée en vigueur. Aujourd’hui, les hôteliers libanais sont conscients du potentiel du marché et préfèrent dans la majorité des cas gérer eux-mêmes leurs établissements. Il ne faut pas aller chercher très loin : la clientèle est arabe.
Les attentats du 11 septembre 2002 ont initié une tendance de tourisme panarabe qui semble irréversible à moyen terme et dont le Liban est un des bénéficiaires.
Mais malgré tout, le taux de remplissage de cent pour cent affiché par les hôtels de Beyrouth pendant les mois de juin à septembre représente quand même une exception qui pourrait ne pas se répéter à toutes les saisons.
Le Bristol
« L’hôtellerie et la restauration sont des sismographes de l’évolution économique », souligne l’un des actionnaires de l’hôtel Le Bristol, affirmant par ailleurs que « les hôteliers et les restaurateurs peuvent s’aider eux-mêmes, par leur engagement et leur créativité ».
Le Bristol fait peau neuve. L’hôtel, qui a un peu plus d’un demi-siècle d’âge, avait besoin d’un bain de jouvence. L’opération de toilettage, qui a démarré il y a près d’un an, sera achevée avant le début de l’été prochain. Elle aura coûté quelque deux millions sept cent mille dollars.
La rénovation de l’établissement s’effectue graduellement, un étage après l’autre. « L’excellence dans notre métier consiste à effectuer des travaux de réhabilitation tous les deux ans pour respecter les standards internationaux. Mais dans la pratique, il n’est pas toujours facile de s’y conformer », a relevé la même source, qui affirme d’autre part que dans l’opération de toilettage du Bristol, est prévu l’aménagement de suites réservées aux handicapés. Une conception de services appropriés que Le Bristol a été le premier à introduire dans le secteur hôtelier au Liban.
À la question de savoir pourquoi le contrat de gestion avec la chaîne internationale Sheraton Luxury Collection a fait long feu, l’actionnaire s’est contenté de répondre que l’enseigne internationale n’a pas apporté une valeur ajoutée aux services fournis par l’hôtel et que le cas du Bristol n’est pas un précédent sur le marché local.
Le Rotana
Par ailleurs, la chaîne arabe Rotana a inauguré hier son deuxième hôtel au Liban. Elle a choisi de sortir de Beyrouth et de s’installer dans la banlieue proche de la capitale, à Hazmieh.
Le choix a été minutieusement étudié et la société gestionnaire ne compte pas perdre de l’argent, selon Daniel Hajjar, vice-président du marketing de Rotana. Les responsables du nouvel hôtel soulignent sans prétention démesurée que l’établissement est destiné à une clientèle d’entreprise. Dans un rayon de cinq cents mètres, l’étude a montré que près de 550 compagnies se tournent vers un hôtel de cette catégorie. « Cet hôtel est le complément des hôtels de cinq étoiles présents en nombre », ajoute Daniel Hajjar. L’un des promoteurs de l’hôtel, un ministre dans l’actuel gouvernement, a fait construire le bâtiment en 1999. Il a pris un temps de réflexion plutôt long avant de lever l’option de la gestion de l’établissement par Rotana, la chaîne française Accor étant en lice.
En 2005, Rotana compte lancer son troisième hôtel au Liban. Celui-ci sera situé à Raouché. Le nombre de chambres relevant de la chaîne arabe passera de 278 en 2004 à 469.
Dans la région, ce nombre est de 3 000 en 2003 , il sera de 5000 en 2006. 85 % de la clientèle de Rotana est prospectée sur le marché local. Le record n’est pas mauvais.
Liliane MOKBEL
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