Un peu plus de trois ans après le déclenchement de l’insurrection palestinienne, fin septembre 2000, 2 941 « détenus sécuritaires » –selon la terminologie officielle – sont actuellement emprisonnés dans les geôles israéliennes, contre 802 en 2 000. Quelque 3 400 autres Palestiniens sont détenus dans des prisons militaires, certains en détention administrative, système en vertu duquel le prisonnier n’est ni inculpé ni même informé des charges éventuelles pesant contre lui. La libération de tous les prisonniers est l’une des revendications des mouvements palestiniens, qui, en outre, critiquent sévèrement les conditions de détention dans les prisons israéliennes.
« Contrairement aux prisonniers normaux, ceux-ci (les détenus sécuritaires) refusent le principe même de leur détention et ne respectent pas l’autorité du système pénitentiaire », affirme aux journalistes le colonel israélien Ian Domnitz, porte-parole de l’Administration pénitentiaire, durant une visite du centre de détention de Hadarim, près de Tel-Aviv, exceptionnellement organisée pour la presse.
Craignant que les prisonniers essaient d’organiser ou de coordonner des attaques anti-israéliennes depuis la prison, les autorités ont très sévèrement limité leur accès au téléphone et les visites des familles, ce qui n’est pas le cas pour les détenus de droit commun.
Selon le conseiller juridique de l’Administration pénitentiaire, le général Haïm Szmulewitz, les permissions de sortie et l’accès au téléphone ne sont pas un droit pour les « détenus sécuritaires ». « Les visites sont limitées aux parents proches et ils ne peuvent pas recevoir de visite de personnes âgées de 17 à 50 ans », précise-t-il. Les « rencontres » avec les parents proches, lorsqu’elles sont autorisées, se déroulent par téléphone à travers une paroi vitrée. « Les restrictions concernant les contacts physiques ont été adoptées il y a quelques mois », indique le colonel Domnitz, qui admet que cette mesure a accru l’hostilité des détenus à l’égard du personnel pénitentiaire : les « tentatives d’attaques (contre le personnel) sont en nette augmentation ces dernières semaines », selon lui.
Plusieurs gardiens
israéliens poignardés
Des émeutes ont récemment éclaté dans plusieurs prisons et plusieurs gardiens ont été poignardés. Les autorités savent cependant que les détenus ne peuvent pas être totalement isolés du monde extérieur.
Selon le général Szmulewitz, les prisonniers font preuve de plus en plus d’imagination pour se procurer des téléphones, profitant du fait que la loi israélienne interdit les fouilles des orifices corporels et les contrôles aux rayons X. C’est le hurlement d’un détecteur de métaux qui a ainsi fortuitement permis de découvrir un jour qu’un détenu avait avalé un téléphone portable, raconte-t-il.
À l’origine, Hadarim avait été prévu pour 640 prisonniers, à raison de deux par cellule, mais il en abrite actuellement 840.
Les journalistes n’ont pas été autorisés à parler directement aux prisonniers du bloc 4, mais ont pu constater qu’ils se trouvaient à trois par cellule et disposaient de couchettes superposées et d’équipements sanitaires de base en métal. Chaque cellule avait une fenêtre avec des barreaux donnant sur l’extérieur et une lucarne avec vue sur le corridor.
Selon l’Administration pénitentiaire, les détenus ont droit à deux heures d’exercice physique quotidien dans la cour, mais passent le reste du temps dans leur cellule.


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