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Zoologie Le plus ancien « éléphant » d’Eurasie découvert au Pakistan

Le plus ancien éléphantoïde d’Eurasie, membre du groupe animal qui a donné naissance notamment aux mammouths et aux éléphants, vient d’être mis au jour par une équipe internationale au Pakistan.
Il a été trouvé dans une couche géologique remontant à l’oligocène supérieur, il y a 26 millions d’années environ, ont annoncé mercredi les auteurs de cette découverte.
Le fossile trouvé se limite à une extrémité de défense, pièce insuffisante pour décrire l’espèce à laquelle elle appartenait, « mais c’est la première fois au monde qu’un tel ivoire est découvert dans des terrains aussi anciens », explique Pierre-Olivier Antoine, de l’Université Paul Sabatier de Toulouse (Sud-Est) et secrétaire général de la Mission paléontologique française au Baloutchistan (MPFB), à l’origine de cette découverte.
« Cet ivoire présente toutes les caractéristiques de celui des éléphants », souligne le scientifique, avant de rappeler que les spécimens connus jusqu’ici ne dépassaient pas les 20 millions d’années.
Pour les chercheurs français, pakistanais et mexicains dont la découverte fait l’objet d’un article publié dans le Journal of Vertebrate Paleontology, le grand intérêt de cette défense d’éléphantoïde trouvée au Pakistan, dans la région désertique des monts Bugti (province du Baloutchistan), vient de la présence d’un animal « africain » en Asie, dans cette période de l’ère tertiaire. Elle démontre en effet que, contrairement à ce que l’on pensait jusqu’à présent, « l’Afrique ne peut plus être considérée comme totalement isolée de l’Eurasie » lors de cette période, « ni comme la source exclusive des groupes de mammifères à cachet “moderne” », résument-ils.
Selon les visions classiques, les grands mammifères ne se seraient pas déplacés d’Afrique vers l’Eurasie avant les mouvements de la tectonique des plaques qui ont remodelé cette partie du monde en provoquant la collision à grande échelle de l’Afro-Arabie et de l’Asie, au miocène, il y a 18 à 20 millions d’années.
La découverte de cet élephantoïde implique nécessairement l’existence de voies de passage intermittentes entre ces deux régions il y a plus de 26 millions d’années, âge des couches fossilifères du Pakistan, soulignent les paléontologues, dont l’étude contredit un autre travail scientifique tout récent.
En effet, dans un article publié début décembre dans la revue Nature, une autre équipe internationale, dirigée par le paléontologue américain John Kappelman (Université du Texas, Austin), révélait l’existence, à la même époque, dans ce qui est aujourd’hui l’Éthiopie, d’une riche faune exclusivement afro-arabe et comprenant des éléphants primitifs.
L’absence de toute forme eurasiatique avait conduit les auteurs à conclure à l’isolement total de l’Afro-Arabie jusqu’au début du miocène. « L’absence de preuve n’est pas la preuve de l’absence », commente Pierre-Olivier Antoine.
Le désert du Baloutchistan, qui avait déjà livré, en 1999, les restes du baluchistère, rhinocéros géant de cinq mètres au garrot, trouvé dans le gisement où a été découvert le nouvel « éléphant », n’a certainement pas dit son dernier mot dans ce débat. L’équipe du MPFB s’apprête à repartir sur le terrain début 2004.
Le plus ancien éléphantoïde d’Eurasie, membre du groupe animal qui a donné naissance notamment aux mammouths et aux éléphants, vient d’être mis au jour par une équipe internationale au Pakistan.Il a été trouvé dans une couche géologique remontant à l’oligocène supérieur, il y a 26 millions d’années environ, ont annoncé mercredi les auteurs de cette découverte.Le fossile trouvé se limite à une extrémité de défense, pièce insuffisante pour décrire l’espèce à laquelle elle appartenait, « mais c’est la première fois au monde qu’un tel ivoire est découvert dans des terrains aussi anciens », explique Pierre-Olivier Antoine, de l’Université Paul Sabatier de Toulouse (Sud-Est) et secrétaire général de la Mission paléontologique française au Baloutchistan (MPFB), à l’origine de cette...