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GROS PLAN De Damas à Skopje, l’épopée de la porcelaine chinoise(PHOTO)

«Chine et islam : la porcelaine chinoise et les Mongols ». Un sujet dense traité sous un angle intelligent et mené, tambour battant, par le spécialiste de la question, John Carswell, bien connu du musée de l’AUB. Celui-ci, qui y a enseigné de 1956 à 1976, y a donné sa conférence, diapositives à l’appui et devant un public pour le moins fourni d’habitués, d’étudiants, tous amateurs de porcelaine chinoise.
Le professeur, empreint d’un flegme pince-sans-rire tout britannique, a relaté un voyage commencé en 1969 à Damas, plus précisément à Douma, où il découvre près de 800 pièces de porcelaine chinoise du XIVe siècle. Celles-ci avaient voyagé, par voie maritime, de la côte chinoise à l’Inde et jusqu’au Maghreb.
Quelques années plus tard, le chercheur découvre par milliers, au Sri Lanka et dans les îles Maldives, des débris d’assiettes du XVIIe siècle, pillées et abandonnées sur place après un naufrage. Enfin, un nouveau voyage l’emmène, dans les années 1990, à Samarkand, en Ouzbékistan. Il découvre la richesse des plats employés par la cour mongole, grande amatrice de gastronomie et qui régnait sur la Chine au XIVe siècle.

Voie de mer,
voie de terre
De retour au Proche-Orient, il extrait de la collection du musée de l’AUB les plus anciennes pièces intactes trouvées à ce jour : une assiette du XIVe siècle à deux Phénix d’une facture exceptionelle, cadeau du roi de Macédoine au XVe siècle. Le fonds de l’université les cachait depuis... 1906.
John Carswell a précisé également que les porcelainiers chinois, qui ont détenu le secret de la fabrication de ce matériau pendant des siècles, ont inclus la couleur bleue dans leurs œuvres parce qu’elle était sacrée chez les Mongols, leurs occupants, et donc leurs principaux clients entre les XIVe et XVe siècles de notre ère. Si le déplacement de ces objets extrêmement délicats par voie de mer est connu de longue date – Ibn Battuta, le grand voyageur arabe médiéval, l’évoque dans le récit de ses périples –, le déplacement par voie de terre et à dos de chameau était imaginable, mais le secret de leur conservation, qui les a menés intacts jusqu’à leur destination, était encore inconnu.
Selon un texte chinois récemment découvert, les porcelaines étaient placées dans une boîte enduite d’un mélange de sable, de terre, de graines de soja et de blé. Arrivées chez leurs clients d’Istanbul ou de Damas, les boîtes étaient plongées dans l’eau et la mixture s’y dissolvait, révélant les objets sans aucun dommage. Un superbe voyage.

D.G.
«Chine et islam : la porcelaine chinoise et les Mongols ». Un sujet dense traité sous un angle intelligent et mené, tambour battant, par le spécialiste de la question, John Carswell, bien connu du musée de l’AUB. Celui-ci, qui y a enseigné de 1956 à 1976, y a donné sa conférence, diapositives à l’appui et devant un public pour le moins fourni d’habitués, d’étudiants, tous amateurs de porcelaine chinoise. Le professeur, empreint d’un flegme pince-sans-rire tout britannique, a relaté un voyage commencé en 1969 à Damas, plus précisément à Douma, où il découvre près de 800 pièces de porcelaine chinoise du XIVe siècle. Celles-ci avaient voyagé, par voie maritime, de la côte chinoise à l’Inde et jusqu’au Maghreb. Quelques années plus tard, le chercheur découvre par milliers, au Sri Lanka et dans les...