Les centaines de spectateurs qui remplissent la salle sont tous debout pour applaudir. Sur scène, la chanteuse Jane Birkin et ses quatre musiciens, tout de noir vêtus, saluent. La scène serait banale si elle ne déroulait pas au Centre culturel Shawa de Gaza, dans une ville où, depuis le début de l’intifada, les artistes internationaux ne se bousculent pas. Après plus de trois ans d’une violence qui ne veut pas s’achever, la visite lundi soir à Gaza de celle qui fut l’égérie de l’auteur-compositeur français Serge Gainsbourg, venue présenter son spectacle Arabesque en Israël et dans les territoires palestiniens, était donc en soi un événement pour les résidents, même si beaucoup admettaient tout ignorer d’elle. Dans la salle, qui peut contenir 700 à 800 personnes, on distingue des étrangers travaillant pour les ONG présentes à Gaza, mais aussi une poignée de bonnes sœurs, au milieu de Palestiniens de tous âges. Beaucoup de familles, dont des enfants en bas âge, mais aussi quelques femmes seules. Toutes portent un foulard. « Gaza est dans le cœur de tous les Français. On vous aime beaucoup », lance Jane Birkin au public, qui ignore certes les paroles des chansons de Gainsbourg, mais est vite conquis par la musique arabe traditionnelle, notamment le violon de Djamel Benyelles et les percussions d’Aziz Boularoug. Trois des quatre musiciens sont arabes. Entre deux chansons, l’artiste récite un poème ou partage son aventure avec le public, expliquant que Gainsbourg a disparu il y a plus de dix ans, qu’il était juif et que sa famille avait quitté la Russie « pour fuir les pogroms ». « Je sais qu’il aurait été heureux que je sois ici. Je sais qu’il serait venu », lance-t-elle. À un autre moment, alors qu’elle présente au public ses musiciens, elle lâche en souriant : « Apparemment, je ne suis pas autorisée à les embrasser devant vous. » Les morceaux se suivent : Élisa, Couleur café, Comment te dire adieu, avant de finir en apothéose par la Javanaise chantée à capella.
Les centaines de spectateurs qui remplissent la salle sont tous debout pour applaudir. Sur scène, la chanteuse Jane Birkin et ses quatre musiciens, tout de noir vêtus, saluent. La scène serait banale si elle ne déroulait pas au Centre culturel Shawa de Gaza, dans une ville où, depuis le début de l’intifada, les artistes internationaux ne se bousculent pas.Après plus de trois ans d’une violence qui ne veut pas s’achever, la visite lundi soir à Gaza de celle qui fut l’égérie de l’auteur-compositeur français Serge Gainsbourg, venue présenter son spectacle Arabesque en Israël et dans les territoires palestiniens, était donc en soi un événement pour les résidents, même si beaucoup admettaient tout ignorer d’elle. Dans la salle, qui peut contenir 700 à 800 personnes, on distingue des étrangers travaillant pour...
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