Jusqu’au 13 décembre, 28 toiles signées Fulvio Codsi sont accrochées à l’Espace SD. Ce nouveau cru, intitulé «Histoires à dormir debout», fait suite à «Sommeil profond», l’exposition de 2001 dans la même galerie. La plongée dans l’univers de l’artiste, oscillant toujours entre science-fiction, bande dessinée et statuaire onirique, se fait encore plus dense. Un apport neuf et de taille chez l’artiste: des êtres en voie d’humanisation, qui se départissent quelque peu de leur beauté figée dans une dimension spatio-temporelle inconnue. À ce titre, sont à mentionner Histoire à dormir debout et Altitudes, deux toiles grand format (200 et 275x120 cms), représentant un couple totalement nu et flottant dans les airs, l’apesanteur étant toujours une des clés de voûte des œuvres de Fulvio Codsi. Le gros plan du second tableau sur les jambes et les pieds de ces personnages n’est pas sans rappeler le travail de sa sœur, Flavia Codsi.
La sphère est l’un des grands thèmes de ce travail: qu’elle tienne dans une main, comme un petit soleil (Tête-à-tête) ou qu’elle occupe toute la toile, attirant vers elle, à l’exemple des planètes cratérisées, d’autres boules de couleurs se plaçant voire s’approchant de leur niche. Les civilisations anciennes continuent toujours d’inspirer l’artiste-peintre, autant que les androïdes et autres « machines humaines » qui habitent son parcours pictural. L’acmé de l’exposition, car il y en a une – chose de plus en plus rare dans un ensemble artistique individuel –, se trouve dans l’exceptionnel diptyque Pêche miraculeuse - FluX émotionnel : êtres proches de l’humanité, yeux clos qui ouvrent sur l’espace onirique, apesanteur, végétaux au pouvoir énergisant, le tout sur fond argenté. Un ensemble en tout point rigoureux, persévérant, dont la boussole reste, envers et contre tout, l’inconnu et la fraîcheur du rêve.
D.G.


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