Une vie vouée à la poésie, à l’amour des mots, la beauté des images et la séduction des sonorités. De passage à Beyrouth (plus de vingt visites déjà dans son parcours au pays du cèdre) pour son livre Cent titres à l’usage des bibliothécaires, librairies et amateurs (troisième volet concernant la poésie de langue arabe) – édition du Centre international de poésie, Marseille – 202 pages, Jean-Charles Depaule est bien familier du monde arabe. Plus de vingt ans qu’il travaille en tant qu’anthropologue sur des villes comme Le Caire (où il a vécu plus de six ans), Sanaa (au Yémen), Damas, Alep et maintenant Beyrouth. À son actif aussi deux plaquettes de poésie, Cent fois – édition La répétition – (eh oui, c’est sous le signe du cent qu’il carbure) et Opéra Cheval-édition Fourbis. Fervent admirateur de Reverdy, Desnos, Roubaud et des poètes américains Cunnings et Williams, cet infatigable voyageur est intéressé par la poésie arabe et surtout celle de la génération des années 70. Outre des traductions d’éminents poètes égyptiens, le voilà qu’il jette à travers ce troisième volet de la poésie arabe une certaine lumière sur le Parnasse levantin et sa belle vitalité. « À quoi sert la poésie » est une question probablement banale pour ce taquineur des muses. Il répond d’ailleurs avec un certain humour : «La poésie ne sert à rien et c’est très bien comme ça…» Mais avec un peu plus de sérieux, il ajoute: «La poésie est un art archaïque, c’est ce qui fait son côté essentiel, et je ne vois pas comment elle va disparaître…»
Coordonnateur pour l’ouvrage qui vient de paraître, Depaule précise qu’outre les cent titres – de cent auteurs proposés toutes époques confondues, traduits en français et disponibles – , ce livre indique par ailleurs un certain nombre d’anthologies, d’études critiques et de revues essentielles.
S’ouvrant sur une présentation générale par Depaule lui-même, on y trouve aussi une série d’études confiées à des spécialistes traitant des différents genres poétiques, périodes et auteurs. On relève parmi les signataires de ces textes les noms de Dounia Abourachid, Kadhium Jihad Hassan, Farouk Mardam Bey, Gilles Landkany, Georgine Ayoub, Georges Bohas, Hachem Foda, Jean-Marie Gleize, James Sacré, Habib Tengour.
Ouvrage éclairant sur la poésie arabe et précieux outil de référence visant, dans le domaine spécifique étudié, à constituer une bibliothèque de base et à proposer une série d’approches synthétiques dans ce domaine.
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