Les cérémonies organisées depuis lundi ont quelque peu occulté la visite de M. Sharon, arrivé dans un pays traumatisé, en plein deuil national.
Mais ce drame lui a donné l’occasion de manifester un soutien appuyé à son homologue italien Silvio Berlusconi et de le féliciter de s’être rangé du côté des États-Unis en Irak.
M. Sharon qui a rencontré Berlusconi hier soir a plaidé pour une action internationale contre le terrorisme, selon son entourage.
M. Berlusconi, président en exercice de l’Union européenne, lui a demandé d’arrêter la construction de la ligne de sécurité. Les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont déjà fait cette demande à leur homologue israélien Sylvan Shalom à l’occasion de la réunion du conseil d’association UE-Israël à Bruxelles. Mais il appartenait à M. Berlusconi de revenir à la charge au cours de sa rencontre avec Ariel Sharon, conformément à son mandat européen.
Ses partenaires de l’Union lui avaient déjà sévèrement reproché d’avoir failli à ses obligations lors du sommet UE-Russie à Rome les 5 et 6 novembre, en se faisant l’avocat du président Vladimir Poutine sur la Tchétchénie et l’arrestation du patron du groupe pétrolier russe Ioukos. L’attitude de M. Berlusconi a été une nouvelle fois dénoncée lundi au cours de la réunion des ministres des Affaires étrangères européens présidée par le chef de la diplomatie italienne Franco Frattini, à Bruxelles.
Pour des raisons de sécurité, M. Sharon a été cantonné dans son hôtel, où il a rencontré en début de matinée le ministre italien de la Défense, Antonio Martino.
La rencontre a été qualifiée de « très positive » par M. Martino et a porté sur la « future coopération » entre les deux pays, a déclaré sans plus de précisions le ministre italien.
Accusé de n’offrir aucune perspective de paix aux Palestiniens, critiqué en Israël à ce sujet, M. Sharon n’a montré aucun signe d’assouplissement de sa position depuis son arrivée à Rome.
Son ministre des Affaires étrangères a, en revanche, annoncé la fin du boycottage de l’émissaire européen au Proche-Orient, Marc Otte, coupable, selon les autorités israéliennes, d’avoir rencontré le président de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat.
« Dorénavant, nous aurons des contacts réguliers, voire quotidiens, avec Marc Otte, même si nous continuons de penser que tout contact avec Arafat est contraire à la paix », a déclaré M. Shalom. Mais sur le fond, le Premier ministre israélien ne semble pas disposé à la moindre concession.


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