Afrique Le Burundi joue la carte de l’« équilibre ethnique »
le 18 novembre 2003 à 00h00
Après dix ans de guerre civile et quelque 300 000 morts, le Burundi a fait un grand pas vers la paix, avec la signature dimanche à Dar es-Salaam (Tanzanie) d’un accord de paix global entre les autorités de Bujumbura et le principal mouvement rebelle. L’accord comprend un partage du pouvoir et l’intégration des rebelles hutus des FDD dans l’armée, actuellement dirigée par la minorité tutsie. Les chefs d’État africains présents ont également lancé un ultimatum au deuxième groupe rebelle, les Forces nationales de libération (FNL), qui refuse toujours de négocier avec le gouvernement de Bujumbura. Emporté il y a une décennie par les démons de la haine ethnique, le Burundi tente en effet de retrouver le chemin de la paix en jouant la carte ethnique, plus précisément de l’« équilibre ethnique » entre les Hutus majoritaires et les Tutsis. Ce double processus s’effectue sur des bases ethniques, l’attribution des différents postes de responsabilité étant liée à l’appartenance ethnique des individus. Dans nombre de pays africains, le pouvoir se partage également sur des bases ethniques. Mais le Burundi fait figure d’exception dans le sens où cette « ethnohistoire » est inscrite dans les textes. Le partage ethnique du pouvoir tiendra bien sûr compte des résultats des élections générales prévues dans à peine un an. Mais le Sénat et les forces de sécurité ainsi que la police maintiendront le sacro-saint « équilibre ethnique », quel que soit le résultat des urnes. Ceci pour éviter que le vainqueur rafle tout le pouvoir.
Après dix ans de guerre civile et quelque 300 000 morts, le Burundi a fait un grand pas vers la paix, avec la signature dimanche à Dar es-Salaam (Tanzanie) d’un accord de paix global entre les autorités de Bujumbura et le principal mouvement rebelle. L’accord comprend un partage du pouvoir et l’intégration des rebelles hutus des FDD dans l’armée, actuellement dirigée par la minorité tutsie. Les chefs d’État africains présents ont également lancé un ultimatum au deuxième groupe rebelle, les Forces nationales de libération (FNL), qui refuse toujours de négocier avec le gouvernement de Bujumbura.Emporté il y a une décennie par les démons de la haine ethnique, le Burundi tente en effet de retrouver le chemin de la paix en jouant la carte ethnique, plus précisément de l’« équilibre ethnique » entre les Hutus...
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