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«Faire l’amour», de Jean-Philippe Toussaint Vertige passionnel (photo)

«Faire l’amour» est le septième roman du Bruxellois Jean-Philippe Toussaint, après La Salle de bains, Monsieur, l’Appareil-photo, La Réticence, La Télévision et Autoportrait (à l’étranger). Écrivain, mais également cinéaste – avec cinq films à son actif – et enfin photographe, il a signé son roman au Salon du livre, les 1er et 2 novembre.
Hiver. Tokyo. Une longue nuit, «un instant qui se prolonge». Un couple, le narrateur et sa femme Marie, trapézistes sur le fil tendu de l’amour, tendu sur un vide vertigineux, se retrouvent à Tokyo pour faire l’amour, une dernière fois. «Mais combien de fois avons-nous fait l’amour ensemble la dernière fois?» se demande l’homme. On ne le saura pas. Marionnettes entraînées dans une danse folle parfaitement chorégraphiée par un Jean-Philippe Toussaint en pleine maturité, en plein contrôle de ses mots et de ses personnages, ces deux êtres s’aiment, se déchirent, errent dans les rues, se cherchent et se perdent. «Ce que j’écris, c’est du vrai réalisme», précise l’auteur. De leur histoire, non plus, on ne saura pas grand-chose, sinon qu’ils sont ensemble depuis sept ans, que Marie de Montalte, surnommée MoMa, est une styliste de renom. On saura les couleurs de cette nuit, les sentiments, les cris, les murmures, on verra les couleurs d’une ville qui ne veut pas s’endormir, le bruit d’une ville qui se réveille, le silence de la solitude, le poids du silence quand on est ensemble mais qu’on ne l’est plus. Roman superbement impudique, comme peuvent l’être la passion, la déchirure et le vertige de l’amour, il décrit cet instant, présent, qui n’a plus de passé et pas d’avenir. «Au départ, je voulais décrire leur première nuit d’amour à Paris et la dernière à Tokyo. Après, j’ai commencé à écrire dans l’esprit de Tokyo et j’y suis resté. C’est un instant que j’ai cultivé et prolongé.»

Tokyo sous la neige
Ce n’est pas un hasard si l’auteur a choisi cette ville pour y planter le décor de son livre. «J’ai fait plus de dix voyages au Japon et j’ai vécu six mois à Tokyo. Hiver en première page, « comme un premier plan au cinéma, je voulais avoir la sensation de la saison, tout au long du livre. Ça m’a obligé de traiter cette saison. La neige à Tokyo… On n’y pense jamais, mais la ville devient fascinante». À tous ces éléments très physiques vient se greffer, dès la première page, un élément étrange, un flacon d’acide chlorhydrique, «je le gardais sur moi en permanence, avec l’idée de le jeter un jour à la gueule de quelqu’un». Du mystérieux flacon, Jean-Philippe Toussaint dira: «Il me faisait peur, je le prenais comme une menace sérieuse. J’ai trouvé la solution au milieu, une image très forte, très concrète et très symbolique à la fois.» L’auteur, qui n’a cessé de parler de souffrances lors de l’écriture de ses précédents romans, et en particulier La Réticence, nous rassure. «Là, j’ai préparé la rédaction comme on prépare un tournage. Comme une expédition. Durant les mois d’écriture, que j’alternais avec des périodes où je n’écrivais pas, je me suis couché tôt, je n’ai pas bu d’alcool, un peu comme une épreuve sportive où je devais rester très concentré.»
Le résultat est une grande maîtrise des mots, des sentiments et des personnages. Un livre qui se regarde, instantanés de vie sans fard ni maquillage, et un livre qui se lit, courtes phrases pressées de parer à l’essentiel. L’émotion vraie.

Carla HENOUD
«Faire l’amour» est le septième roman du Bruxellois Jean-Philippe Toussaint, après La Salle de bains, Monsieur, l’Appareil-photo, La Réticence, La Télévision et Autoportrait (à l’étranger). Écrivain, mais également cinéaste – avec cinq films à son actif – et enfin photographe, il a signé son roman au Salon du livre, les 1er et 2 novembre. Hiver. Tokyo. Une longue nuit, «un instant qui se prolonge». Un couple, le narrateur et sa femme Marie, trapézistes sur le fil tendu de l’amour, tendu sur un vide vertigineux, se retrouvent à Tokyo pour faire l’amour, une dernière fois. «Mais combien de fois avons-nous fait l’amour ensemble la dernière fois?» se demande l’homme. On ne le saura pas. Marionnettes entraînées dans une danse folle parfaitement chorégraphiée par un Jean-Philippe Toussaint en pleine...