La victoire à l’arraché (16-15) des Irlandais sur l’Argentine dimanche dernier à Adelaïde a considérablement éclairci l’horizon de ce groupe. En plus d’avoir barré la route de la qualification aux Pumas argentins, Keith Wood et ses coéquipiers ont par la même occasion fait la courte échelle aux Wallabies jusqu’en quart de finale. Les deux équipes se retrouvent donc face à face sans l’épée de Damoclès de l’élimination au-dessus de leur tête. Pour l’honneur. Mais aussi le regard déjà tourné vers la suite de la compétition. Car le vainqueur de ce duel rencontrera au tour suivant l’Écosse ou les Fidji alors que le vaincu devra en découdre avec la France, considérée comme bien plus redoutable.
L’entraîneur irlandais Eddie O’Sullivan, après avoir fait mine de vouloir passer ce match de prestige par profits et pertes, a annoncé la vraie couleur en alignant sa plus forte équipe pour débuter le match.
Eddie Jones, son homologue australien, ne s’y était pas trompé. « Nous savons parfaitement que leur intention est de jouer de façon aussi physique et aussi agressive que d’habitude. Tout commentaire pouvant laisser croire qu’ils se concentrent sur la semaine suivante n’est que de la poudre aux yeux. Je n’ai jamais vu une équipe d’Irlande ne pas jouer avec 100 % de passion et d’agressivité », avait-il anticipé.
Sacré dilemme
Lui aussi a, comme prévu, appelé tous ses cadres et renvoyé sur le banc des remplaçants ou dans les tribunes les seconds couteaux auteurs samedi dernier du massacre des Namibiens (142-0). Parmi les victimes de ce « sacré dilemme de sélectionneur », selon le mot d’Eddie Jones, figurent l’arrière Chris Latham, auteur pourtant d’un record de cinq essais face aux Africains, et l’expérimenté centre Stirling Mortlock.
Exception faite du pilier droit Ben Darwin préféré à Alastair Baxter, l’équipe australienne est identique à celle qui avait ouvert la Coupe du monde face à l’Argentine (24-8). Elle enregistre notamment le retour de son capitaine Georges Gregan, laissé au repos contre la Namibie, et du deuxième ligne David Giffin, touché à l’épaule contre les Argentins.
Ainsi au complet, l’Australie espère enfin pouvoir étalonner sa forme du moment.
D’autant que l’Irlandais Eddie O’Sullivan a finalement admis avoir retenu sa « meilleure équipe possible ». « Je pense que si nous ne l’avions pas fait, cela aurait été capituler face à une équipe que pouvons battre », a-t-il commenté.
Ainsi, douze des quinze joueurs qui avaient été engagés pour le match couperet face à l’Argentine ont été remobilisés.
Comme Eddie Jones, Eddie O’Sullivan aussi a son « sacré dilemme ». Pour ce poste-clé de demi d’ouverture, il a cette fois tranché en faveur de Ronan O’Gara, réputé plus joueur, au détriment de David Humphreys. Les deux autres changements lui ont été imposés. Le troisième ligne aile Alan Quinlan, rentré au pays après s’être demis l’épaule en marquant le seul essai du match face à l’Argentine, est remplacé par Keith Gleeson. En n° 8, Victor Costello, touché à la cuisse, rend le poste à Anthony Foley qui, lui, revient de blessure.


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