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Horreur et confusion à l’hôpital Ibn al-Nafis (photo)

À mesure que les corps des victimes de l’attentat-suicide contre le siège du Comité international de la Croix-Rouge arrivent, le sentiment d’horreur croît dans les couloirs de l’hôpital Ibn al-Nafis de Bagdad. Quand les policiers annoncent un nouvel attentat contre un commissariat, et encore un autre, une femme s’effondre en larmes. Elle n’a pas de nouvelles de son frère.
Une fumée immense se dégage encore des alentours du siège du CICR, à quelques centaines de mètres de là. Un garde de l’hôpital voit un nouveau corps passer, enroulé dans une couverture. La foule se presse, les médecins sont excédés. « Il y a au moins six morts », dit d’abord le docteur Ali Hussein, la blouse blanche tachée de sang, puis il laisse éclater sa fureur contre « les terroristes ».
En quelques minutes, le bilan s’alourdit. Près de la morgue de l’hôpital, un photographe de presse voit huit corps allongés dans la cour. Au même moment deux ambulances arrivent avec à leur bord quatre corps complètement calcinés. Des parties de jambe sont posées à côté. Les brancardiers n’arrivent pas à transférer les corps sur les brancards. Ils prennent à main nue les restes humains. Autour, des femmes pleurent. « Oh mon Dieu, il n’y a de dieu que Dieu », répètent-elles.
Dans la salle des urgences, le docteur Zahra Saleh, responsable du service d’anesthésie générale, parle d’au moins 10 morts. Plus tard, un autre médecin, le docteur Mazen Jaffar dit que 12 corps sont arrivés, plus vingt blessés.
Un blessé s’apprête à quitter les urgences. « Il y avait plein de monde en face du bâtiment de la Croix-rouge. On s’apprêtait à rentrer dedans quand une ambulance Peugeot a explosé. Le chauffeur est mort à l’intérieur. J’ai été blessé à la tête. Je suis resté à terre pendant une demi-heure », raconte Thamin Touama, 25 ans, membre d’une organisation non gouvernementale.
L’ambiance aux urgences est survoltée. Un officier de police, le commandant Majid al-Obeidi, annonce qu’il vient d’y avoir une fusillade contre un autre hôpital, l’hôpital Cheikh Zaïd. Fausse information.
Pendant ce temps, le ballet des ambulances se poursuit. Soudain, les médecins comprennent qu’il y a eu un autre attentat contre le commissariat ach-Chaab, dans le nord de la ville. « Un homme a essayé de pénétrer dans la station de police ach-Chaab et a fait exploser sa voiture devant », dit le capitaine Sami Hadi. Encore des blessés.
À l’entrée de l’hôpital, Zako Jabbar, comptable de 31 ans, est rongé d’angoisse. Il arrive d’une troisième station de police frappée par un attentat, la station al-Khadra. « Il y a eu un attentat à la voiture piégée. Cela brûlait, il y avait des blessés allongés à terre », dit-il dans l’attente des nouvelles d’un de ses amis blessés. Un policier et trois civils ont été tués devant ce commissariat.
Soudain, une femme se met à hurler contre les policiers, les médecins, les journalistes. Son frère travaille au CICR. Elle n’a aucune nouvelle de lui depuis l’attentat. « Je ne sais pas s’il est vivant ni où il a été transporté. On ne me laisse pas entrer à l’hôpital. On ne me donne aucune nouvelle. Je deviens folle ! »
À mesure que les corps des victimes de l’attentat-suicide contre le siège du Comité international de la Croix-Rouge arrivent, le sentiment d’horreur croît dans les couloirs de l’hôpital Ibn al-Nafis de Bagdad. Quand les policiers annoncent un nouvel attentat contre un commissariat, et encore un autre, une femme s’effondre en larmes. Elle n’a pas de nouvelles de son frère.Une fumée immense se dégage encore des alentours du siège du CICR, à quelques centaines de mètres de là. Un garde de l’hôpital voit un nouveau corps passer, enroulé dans une couverture. La foule se presse, les médecins sont excédés. « Il y a au moins six morts », dit d’abord le docteur Ali Hussein, la blouse blanche tachée de sang, puis il laisse éclater sa fureur contre « les terroristes ».En quelques minutes, le bilan s’alourdit....