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Baup, « l’entraîneur à la casquette » (photo)

Élie Baup, 48 ans, « l’entraîneur à la casquette », mis en péril par les mauvais résultats des Girondins de Bordeaux et remplacé jeudi à son poste par Michel Pavon, aura été victime de ce qu’il goûtait le moins, le manque de temps.
« Je ne suis pas un homme de coups, je préfère donner une identité à mon équipe et d’ailleurs tous les grands clubs ont la même méthode », aimait à dire cet homme intelligent que tout intéresse, lui qui en était à sa 7e saison chez les « Marine et Blanc ».
Mais du temps, Baup, qui n’a connu en tant qu’entraîneur que Saint-Étienne avant Bordeaux et n’a jamais été professionnel, seulement gardien de but amateur, n’en avait plus en ce début de saison.
M6, le véritable propriétaire du club, avait décidé de réduire la voilure, le public se plaignait vertement du rendement des nouveaux joueurs, pleurait Pauleta parti, fustigeait aussi le conservatisme présumé de cet entraîneur, oubliant au passage que le même l’avait emmené au sommet.
On l’accusait aussi d’avoir laissé à l’époque sur le banc bordelais des joueurs qui font aujourd’hui le bonheur des grands clubs comme Camel Meriem, à l’OM, ou Vikaj Dhorasoo, à Lyon.
Les mauvais résultats plaidaient en sa défaveur : trois défaites en cinq matchs à domicile, une pénible qualification en UEFA devant un petit club de Slovaquie, il était flagrant que Baup n’était pas parvenu à faire de son effectif une formation capable de jouer un rôle de premier plan. Seizième au classement, presque relégable : à Bordeaux, on en avait perdu l’habitude.

Palmarès
« J’ai une équipe à bâtir », répétait-il encore avec sa voix de fausset à l’accent pyrénéen alors que pointait la tempête. Las, la mayonnaise n’avait pas pris et les formules empruntées à la langue de bois ou au second degré, dont il usait plus que d’autres, ne faisaient plus sourire.
Parfois, quand les critiques se faisaient plus acides, Élie Baup rappelait son palmarès en Gironde : un titre de champion de France, une Coupe de la Ligue et six qualifications consécutives en coupes d’Europe.
Après le dernier match perdu à Chaban-Delmas (1-2) contre Toulouse, on l’avait quand même vu meurtri par l’apathie de ses joueurs : « Ce soir, j’ai un sentiment de honte », avait-il confessé.
Jean-Louis Triaud, son président, l’avait couvert, stigmatisant lui aussi la conduite sportive des joueurs, menaçant de ne plus aligner ceux qui ne mouillaient pas la chemise, n’évoquant jamais son nom.
À son retour aux manettes, en 2003, après le débarquement de l’éphémère Dominique Imbault désigné par M6, Baup affirmait qu’« avec lui (Triaud), nous allons dessiner les bases du futur ».
Il se murmurait que, l’année précédente, Triaud avait convaincu son coach de ne pas céder aux (généreuses) sirènes de Monaco pour le garder près de lui.
La relation amicale n’aura pas résisté à la crise sportive, puisque l’entraîneur envisageait dès jeudi de saisir la justice, plaidant « un licenciement déguisé ».
Élie Baup, 48 ans, « l’entraîneur à la casquette », mis en péril par les mauvais résultats des Girondins de Bordeaux et remplacé jeudi à son poste par Michel Pavon, aura été victime de ce qu’il goûtait le moins, le manque de temps.« Je ne suis pas un homme de coups, je préfère donner une identité à mon équipe et d’ailleurs tous les grands clubs ont la même méthode », aimait à dire cet homme intelligent que tout intéresse, lui qui en était à sa 7e saison chez les « Marine et Blanc ».Mais du temps, Baup, qui n’a connu en tant qu’entraîneur que Saint-Étienne avant Bordeaux et n’a jamais été professionnel, seulement gardien de but amateur, n’en avait plus en ce début de saison.M6, le véritable propriétaire du club, avait décidé de réduire la voilure, le public se plaignait vertement du...