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Les policiers de Falloujah pris en tenailles entre leurs frères et l’occupant

Les policiers irakiens de Falloujah, pris en tenailles entre les Américains qui les contrôlent et les habitants mécontents de cette ville sunnite, cachent de moins en moins leur irritation face à l’occupant.
« Je me rendais au travail l’autre jour, quand les Américains m’ont arrêté à un barrage. Ils ont fouillé mon véhicule de fond en comble sans aucun respect pour mon uniforme », raconte un officier de police. « Ils viennent nous donner des cours de démocratie et nous demandent d’arrêter des journalistes », s’étonne un autre.
Même pour une simple patrouille, ils doivent informer les forces de la coalition, raconte un officier, assis dans son bureau chichement meublé, dans le poste de police de Falloujah.
Ils sont mal équipés, leurs uniformes sont dépareillés et leurs armes finissent souvent dans leur poche, faute de ceinture et d’étui.
Le quartier général de la 82e division aéroportée américaine est situé, lui, dans « Les jardins d’Éden », la villa d’Oudaï Saddam Hussein, fils du président irakien déchu, à la sortie de la ville. Depuis qu’ils ont été visés par de nombreuses attaques meurtrières, les militaires américains ne s’aventurent plus dans la ville même, sauf en cas de nécessité.
Bien qu’ils soient peu protégés par quelques barbelés devant le poste et des pierres massives censées empêcher le passage des voitures piégées, les policiers ne se sentent pas menacés.
« La population de Falloujah sait que ce n’est pas nous, mais que ce sont les Américains » qui mènent des perquisitions et procèdent aux arrestations, affirme un officier.
En dépit de leur amertume et de leur sentiment d’injustice, les policiers se moquent des Américains. « Après chaque attentat, cette armée, qui a déplacé des centaines de milliers d’hommes pour occuper ce pays, met plusieurs heures à amener une grue pour déplacer les véhicules brûlés qui bloquent la circulation », dit un policier, railleur.
S’esclaffant, un autre parodie les « forces de la coalition ». Il se fait vite remettre à sa place par un collègue : « Tu veux dire les forces d’occupation. »
Ce sentiment est d’autant plus justifié, selon eux, que tout contact direct avec les Américains est impossible. Quand le besoin s’en fait sentir, les policiers entrent en contact à l’aide d’un talkie-walkie avec un agent de « liaison » : un Jordanien dont ils ne connaissent que le nom de code, « B1 ». Deux fois sur trois, ce dernier ne répond pas.
Cependant, si les policiers, irrités par cette situation, s’expriment sans retenue, ils refusent de décliner leur identité de peur, selon l’un d’eux, de perdre leur travail.
Les policiers irakiens de Falloujah, pris en tenailles entre les Américains qui les contrôlent et les habitants mécontents de cette ville sunnite, cachent de moins en moins leur irritation face à l’occupant.« Je me rendais au travail l’autre jour, quand les Américains m’ont arrêté à un barrage. Ils ont fouillé mon véhicule de fond en comble sans aucun respect pour mon uniforme », raconte un officier de police. « Ils viennent nous donner des cours de démocratie et nous demandent d’arrêter des journalistes », s’étonne un autre.Même pour une simple patrouille, ils doivent informer les forces de la coalition, raconte un officier, assis dans son bureau chichement meublé, dans le poste de police de Falloujah.Ils sont mal équipés, leurs uniformes sont dépareillés et leurs armes finissent souvent dans leur poche,...