De très grands spécialistes de la discipline auront l’honneur de traverser la capitale libanaise dans un cadre exceptionnel, à l’image de Derartu Tulu, première Africaine à remporter une médaille d’or aux Jeux olympiques, qui sera accueillie demain par le directeur de la course, M. Nathan Clayton.
Beirut Marathon Association (BMA) a fait appel à des professionnels afin d’assurer la réussite de cet événement. Une équipe médicale et une équipe d’entraîneurs ont apporté aide et conseils aux participants depuis leur inscription jusqu’à quelques heures avant le départ.
Les 42,195 km, officiellement mesurés par Norrie Williamson, membre de l’IAAF (International Association of Athletics Federations), traverseront quelques-unes des plus belles rues de Beyrouth.
Le départ sera donné à 08h30 pour le marathon et pour le 10 km, et à 08h45 pour le minimarathon (4,21 km).
Le parcours final sera composé de deux boucles dont le départ sera donné place des Martyrs. Les marathoniens, suivis attentivement par plus de 24 caméras et 2 hélicoptères, se dirigeront vers le sud le long de la corniche du Fleuve, traversant Sioufi, Adlieh, Furn el-Chebbak, Chiyah, Ghobeiri. Ils passeront ensuite par la pittoresque route côtière, vers Mazraa et Ramlet el-Baïda jusqu’à Ras Beyrouth, Aïn el-Mreissé, avant de rejoindre le centre-ville.
Lors de la seconde boucle, les participants reprendront le même parcours, avec quelques modifications au niveau de Furn el-Chebbak. Ils repasseront emsuite par la corniche, avant de se diriger vers l’arrivée, place des Martyrs.
Pour le 10 km, le début du trajet sera le même que pour le marathon jusqu’à Furn el-Chebbak. Les coureurs traverseront Horch Beyrouth, la rue Béchara el-Khoury, et rallieront l’arrivée toujours à la place des Martyrs.
Les coureurs, venant de plus de 10 pays, auront les honneurs de la capitale.
Chez les hommes, le Marocain Mohammed Erraoui partira grand favori. Il a en effet remporté cette année le marathon de Casablanca avec un record personnel à la clé : 2h10’55’’. Il est l’un des rares athlètes à passer régulièrement sous la barre des 2h15min, comme ce fut le cas aux marathons de Vienne en 2002 (7e) et de Rotterdam en 2001 (8e).
Il sera accompagné de sérieux outsiders. Parmi ceux-ci, les deux Éthiopiens Fekadu Defegu (2h11’33’’) et Bekele Eshetu (2h11’55’’). Le jeune Kényan Samson Kosgei, 29 ans, dont le record personnel se situe à 2h12’06’’ et, pourquoi pas, l’Éthiopien Tamirat Ayele (2h12’19’’) auront aussi une carte à jouer.
La domination africaine sur la distance se trouve sans conteste chez les hommes, mais l’Europe n’a pas dit son dernier mot et espère créer la surprise chez les femmes.
La Roumaine Christina Pomacu, 30 ans, ancienne lauréate du marathon de Belgrade où elle réalisa sa meilleure performance personnelle en 2h29’08’’, sera l’une des grandes favorites de la course.
Elle devra se méfier de la Hongroise Simone Staicu, de la Suédoise Ingmarie Nilsson et de la Russe Anifissa Kosatcheva, toutes le trois accréditées d’excellents temps. Elles tenteront elles aussi de remporter les $ 12 000 de prix pour la gagnante.
L’Éthiopie, pays spécialiste du fond au même titre que le Kenya ou le Maroc, pourra compter sur ses 4 très jeunes athlètes. La plus jeune d’entre elles (la plus âgée, Zinash Alemu, n’a que 21 ans), Mulu Seboka, n’est néanmoins pas la moins expérimentée du peloton : à 18 ans, elle a déjà remporté cette année le marathon de Valence et a mené jusqu’au 32e km le marathon de Pyongyang, en Corée du Nord, avant d’abandonner pour cause de crampes à l’estomac.
À suivre également, l’Australien Gottfried Ferchl, 33 ans, semi-professionnel. Il figure dans le top 20 des marathoniens sur chaise roulante et partira demain favori dans cette catégorie.
Le marathon devrait être chargé en grandes émotions avec son lot de suspense et de rivalités en tout genre.
Mais le marathon de Beyrouth sera aussi et avant tout une grande fête qui réunira demain plus de 6 000 participants au total (3 522 pour le 10 km, 1 275 pour le minimarathon, 1 175 pour le marathon et 55 handicapés) et plus de 2 700 volontaires (dont 1 500 scouts) et où l’on attend une foule digne d’une finale de championnat d’Asie de basket-ball.
Top femmes
1. Christina Pomacu, Rou, 2h29’08’’
2. Simone Staicu, Hon, 2h29’59’’
3. Ingmarie Nilsson, Suè, 2h33’03’’
4. Anifissa Kosatcheva, Rus, 2h34’
5. Jackline Torori, Ken, 2h35’
6. Mulu Seboka, Éth, 2h37’
7. Sue Harrison, G-B, 2h38’
8. Elena Bikulova , Rus, 2h38’
9. Zinash Alemu, Éth, 2h39’34’
10. Fabiola William, Tan, 2h40’06’’
11. Trudy Thompson, G-B, 2h40’24’’
12. Margarita Nazarhova, Rus, 2h41’
13. Ivana Martincova, Tch, 2h42’
14. Tatyana Mironova, Rus, 2h42’
15. Keneli Chala, Éth, 2h43’.
Record du monde : Paula Radcliffe, G-B, 2h15’25’’.
Top hommes
1. Mohammed Erranoui, Mar, 2h10’55’’
2. Fekadu Defegu, Éth, 2h11’33’’
3. Bekele Eshetu, Éth, 2h11’55’’
4. Samson Kosgei, Ken, 2h12’06’’
5. Tamirat Ayele, Éth, 2h12’19’’
6. Mikhail Romanov, Rus, 2h13’51’’
7. James Karanja, Ken, 2h13’53’’
8. Yator Yego, Ken, 2h14’
9. Wilson Cheryiot, Ken, 2h15’19’’
10 Alexander Golovin, Rus, 2h16’
11. Pavel Kryska, Tch, 2h16’25’’
12. Erick Kiplagat, Ken, 2h17’02’’
13. Oleg Kharitinov, Rus, 2h17’50’’
14. Paul Rugut, Ken, 2h18’
15. Ray Plant, G-B, 2h18’
16. Tesfaye Girma, Éth, 2h18’29’’
17. Daniel Keter, Ken, 2h19’40’’
18. Benson Matheka, Ken, 2h21’48’’
19. Simon Arusei, Ken, 2h22’
20. Julius Kiptoo, Ken, debut
Record du monde : Paul Tergat, Ken, 2h04’55’’.
G.S.
Premier marathon de l’histoire
2 Septembre -490 : Phidippides gagne le premier marathon de l’histoire.
Phidippides, le messager qui a lancé la tradition du marathon, a couru du champ de bataille de Marathon, un petit village grec, jusqu’à l’Acropole à Athènes pour annoncer la victoire (en grec, Nike, prononcez Niki). Mais comment pouvons-nous savoir de quel buisson ou arbre du champ de bataille il est parti ? À quel endroit précis de l’Acropole est-il arrivé (et est mort accidentellement) ? À-t-il pris un raccourci, etc. Il faut se plonger dans l’histoire pour trouver l’origine de la distance du marathon. Lors des Jeux olympiques de l’antiquité, les athlètes devaient parcourir une distance de 40 km. Plus tard, les Jeux olympiques modernes, lancés en 1896, ont conservé la distance de 40 km.
La distance de 42 km et 195m a en fait été fixée lors des Jeux olympiques de 1908 à Londres. La légende raconte que la famille royale britannique souhaitait que le départ soit pour l’occasion donné au château de Windsor afin que les petits-enfants du roi Édouard VII puissent y assister et que la course se termine en face de la loge royale du stade olympique, où se trouvait la reine Alexandra. Le parcours a donc été allongé pour exaucer ces vœux.
Cette distance a ensuite été précisément mesurée et figée pour les marathons suivants. Dans la tradition malicieuse du marathon, les coureurs, dans un dernier élan de lucidité, sont supposés crier « Vive la Reine » (ou peut-être quelque chose d’un peu moins respectueux) lorsqu’ils passent la barre des 40 km, puisque la distance supplémentaire est un « cadeau » de la famille royale britannique.


À Verdun, un « sommet spirituel » pour préserver l’unité nationale... et donner un coup de pouce au pouvoir