Cette séance, demandée par la Syrie au nom du groupe arabe, devait être suivie par la mise au vote d’un projet de résolution qui « décide » que cette « ligne de sécurité » est « illégale aux termes de la loi internationale » et demande que sa construction soit « arrêtée et inversée ». « Nous espérons un vote dans la soirée et nous ne prévoyons pas de modifier le texte », a déclaré hier à des journalistes l’ambassadeur de Syrie aux Nations unies, Fayssal Mekdad.
Ce texte est « inacceptable » pour les États-Unis, selon un diplomate américain. Washington devrait en conséquence mettre son veto à son adoption si le projet est mis aux voix. Les États-Unis font systématiquement usage au Conseil de sécurité de leur droit de veto pour bloquer les textes condamnant Israël. Washington avait fait part de ses réserves face à ce texte dès son dépôt la semaine dernière, le qualifiant notamment de « partial ».
« Présenter un élément de la situation aux Nations unies séparément du reste, en particulier les graves attentats terroristes contre Israël, ne nous semble pas être de nature à faire avancer le processus », avait expliqué vendredi le porte-parole du département d’État Richard Boucher.
Outre la condamnation du « mur », le projet de résolution réaffirme également l’opposition du Conseil de sécurité « à toutes les activités de colonisation dans les territoires occupés et toutes les activités impliquant la confiscation de terre et leur annexion de fait ».
La plupart de la quarantaine des orateurs qui ont pris la parole à la tribune du Conseil de sécurité ont relevé, comme l’ambassadeur de France Jean-Marc de La Sablière, « l’importance vitale » de cette question du « mur pour l’avenir du règlement israélo-palestinien ».
« Il est de la responsabilité du Conseil, a déclaré M. de La Sablière, de réagir par l’adoption d’une résolution qui marque son opposition à la construction du mur selon le tracé choisi, tracé illégal au regard du droit international et dont les conséquences humanitaires et politiques sont gravissimes et inadmissibles. »
Premier à prendre la parole, le représentant de la Palestine, Nasser al-Kidwa, avait dénoncé la ligne de sécurité comme un « mur expansionniste de conquête illégale », qui va de pair « avec les activités de colonisation israélienne (...) absolument interdites par la 4e convention de Genève ».
Dan Gillerman, le représentant israélien, qui a ensuite pris la parole, a catégoriquement démenti que la « barrière de sécurité » soit autre chose qu’une mesure d’autodéfense de la part d’Israël.
« Sa construction, a-t-il affirmé, est l’une des méthodes non violentes les plus efficaces pour empêcher le passage des terroristes et de leurs armes de l’endroit où elles sont fabriquées, au cœur des cités palestiniennes, vers les zones civiles » israéliennes.
La ligne de sécurité doit s’étendre sur 430 km et englober 80 % des quelque 231 000 colons de Cisjordanie, sans compter les quelque 200 000 Israéliens installés à Jérusalem-Est occupée et annexée depuis 1967.


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