La liesse a débuté samedi, en Thaïlande, au coup de sifflet final. Battus (0-1) par le BEC Tero Sasana mais vainqueurs de la C1 asiatique grâce à leur succès (2-0) à l’aller, les joueurs des Émirats arabes unis ont bruyamment fêté leur entraîneur au beau milieu d’un terrain envahi par la forte colonie émirienne.
« Deux avions de supporteurs avaient fait le déplacement », raconte l’entraîneur aux cheveux longs et aux yeux bleus, joint au téléphone aux Émirats par l’AFP. « Depuis notre retour au pays, c’est une ambiance de feu. Les Émirats, c’est un pays tranquille, on ne s’attendait pas à ça. Les routes sont bloquées, on a été reçu au palais présidentiel, c’est magnifique ! »
Au diapason de la liesse nationale, les grands journaux des Émirats, le Gulf News et le Khaleej Times, ont salué en une l’inattendu succès d’al-Aïn, « le premier club du pays à gagner un titre majeur à l’étranger ».
« Personne n’aurait misé un franc sur nous avant la compétition, reconnaît Metsu. Et on est venu “emmerder” tout le monde. »
Globe-trotteur
Quatorze mois après avoir posé ses valises dans le Golfe persique, Metsu a donc étoffé son palmarès d’un titre de champion des Émirats arabes unis et de la plus prestigieuse compétition des clubs du continent asiatique. L’Asie, où il s’était révélé lors du Mondial 2002 en conduisant ses inattendus Lions sénégalais en quarts de finale.
« J’ai connu de grosses déceptions sportives avec le Sénégal, en finale de la Coupe d’Afrique des nations 2002, puis en quart de finale du Mondial. J’avais bien dit aux joueurs que l’essentiel n’était pas d’arriver en finale, mais de la gagner », poursuit ce presque quinquagénaire (le 28 janvier) aux semelles de vent (Beauvais, Lille, Valenciennes, Sedan et Valence en France, puis Guinée et Sénégal en sélections).
Partout où il est passé, Metsu a imposé sa méthode, où l’affectif prime. « Je marche au “feeling”. La nature m’a fait comme ça, raconte-t-il. Mais chaque pays a sa propre mentalité, sa propre culture. Il ne s’agit pas de copier aux Émirats ce que je faisais au Sénégal ».
« Ce qui fait l’équipe, ce n’est pas un joueur ou un entraîneur, mais un tout. Il n’y a qu’à voir Carlos Queiroz qui n’a pas réussi aux Émirats arabes unis (en tant que sélectionneur national en 1998-99, ndlr) mais qui réussit avec le Real Madrid », continue le technicien.
Et maintenant ? « Cela va être difficile de faire mieux », reconnaît Metsu, qui n’exclut pas un retour en Europe si un « grand club » se manifeste. Il pourrait aussi accepter la prolongation de deux ou trois ans que lui proposent les dirigeants d’al-Aïn.
Mais le nouveau roi d’Asie ne veut pas entendre parler d’Afrique : « Le Sénégal, cela a été un beau mariage, mais ce n’est plus à l’ordre du jour. »


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