Privilégiée par le régime de Saddam Hussein dans ses choix budgétaires, l’armée irakienne comptait avant la guerre, le 20 mars, quelque 400 000 membres, équipés de 2 200 chars, de 2 400 pièces d’artillerie et de 300 avions, selon les estimations occidentales.
Mais les opérations sur le terrain ont montré que ces équipements étaient totalement dépassés techniquement par ceux de la coalition et qu’une fraction seulement était en état de marche.
Aucun avion militaire irakien n’a décollé du déclenchement des opérations à la chute de Bagdad, le 9 avril. À l’issue du conflit, les forces de la coalition ont découvert des dizaines de bases et de dépôts militaires abritant du matériel rouillé et hors d’usage.
De fait, l’armée que la propagande américaine avait créditée du quatrième rang mondial (après les États-Unis, la Russie et la Chine) avant la guerre du Golfe, avait déjà été usée par huit années de conflit meurtrier avec l’Iran (1980-1988) et défaite sans appel en 1991 avec l’anéantissement de son aviation et de sa marine, retirant de facto à l’Irak le statut de puissance régionale à laquelle Saddam Hussein aspirait.
Le potentiel de l’armée avait ensuite été affaibli par l’embargo international imposé depuis l’invasion du Koweït en 1990, empêchant l’Irak d’importer en quantité significative des équipements de pointe, notamment dans le domaine des radars, des communications ou de la reconnaissance, sans lesquels une armée est aveugle et sourde.
En outre, les inspections en désarmement de l’Onu avaient systématiquement démantelé les infrastructures de production d’armes dans le domaine nucléaire, biologique et bactériologique et seuls quelques missiles classiques à faible portée – parfois même dépourvus de charges – ont été tirés contre les forces américaines et le territoire koweïtien dans les premières heures du conflit.
La reprise des inspections en novembre 2002, après trois ans d’interruption, s’était en outre traduite par la destruction de plus d’une centaine de missiles à moyenne portée al-Samoud 2.
Les nombreuses redditions enregistrées lors de la guerre, y compris de la part de généraux commandant des régions militaires entières, avaient conforté les stratèges américains dans leur conviction que l’armée régulière, mal payée, ne se battrait pas jusqu’au bout pour un régime qui faisait davantage confiance aux milices du parti Baas pour le défendre, au point de limiter l’approvisionnement en munitions des troupes.
Mais même la garde républicaine et la garde républicaine spéciale, forces d’élite de 100 000 hommes présentées avant le 20 mars comme ayant un niveau comparable à celui des Marines américains et réputées être dévouées corps et âme à Saddam Hussein, n’avaient pas fait illusion devant l’avancée des troupes de la coalition.
Après des bombardements systématiques des positions de la garde, les batailles pour le contrôle de Bagdad et de Tikrit, villes symboles du régime, s’étaient dénouées en quelques jours, sans les combats de rues à grande échelle coûteux en vies humaines promis par le régime déchu aux Américains.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine