Les combats ont ensuite repris à Aïn el-Héloué. Tandis qu’à Rachidyeh, la Lutte armée et de Fateh prenaient le dessus, en veillant à ce que ce camp, plus petit, ne devienne pas un déversoir pour des fugitifs venant de Aïn el-Héloué. Pour Arafat et ses hommes, il s’agit aujourd’hui d’endiguer Esbet al-Ansar, dont on dit qu’elle appartient à la nébuleuse d’el-Qaëda. La tête d’Abdallah Chreidi, fondateur de la dissidence extrême dite Esbat al-Nour, est pour ainsi dire mise à prix. C’est ce que proclame Sultan Aboul Aynaïn, chef du Fateh, représentant de l’OLP. Visiblement, la résistance qui lui a été opposée d’entrée de jeu est plus forte qu’il ne l’avait prévu. Des barricades, des tranchées ont fait leur apparition à Aïn el-Héloué. Et les explosions d’une véritable guerre ont ébranlé Saïda. Selon certaines rumeurs, un groupe commandé par un Yéménite et se réclamant directement d’el-Qaëda se bat aux avant-postes aux côtés de Esbat al-Nour, de Esbat al-Ansar du fameux Abou Mahjane ainsi que d’une fraction extrémiste dirigée par Oussama Chehabi. Sans compter les éléments du groupe de Dennyé placés sous les ordres d’Ahmed Mikati. La principale figure de proue de la mouvance terroriste, Abou Mahjane, alias Abdel Karim Saadi, condamné à mort pour l’assassinat il y a quelques années de cheikh Nizar Halabi (Ahbach) et soupçonné dans le massacre des quatre juges à Saïda, reste en fuite. Mais des cellules apparentées, sinon des adeptes, ont été récemment démantelées par les services de sécurité libanais.
Les activistes voulaient, on le sait, assassiner l’ambassadeur américain, attaquer l’ambassade et d’autres sites occidentaux.
Des sources informées indiquent que le général Jamil Sayyed, directeur de la Sûreté générale, recevant l’ambassadeur Battle qui venait parler encore une fois du Hezbollah, lui a répondu qu’il serait mieux avisé de regarder vers le Nord que vers le Sud.
C’est en effet au Nord que les terroristes planifiaient d’attenter à la vie du diplomate, lors d’une tournée qu’il devait effectuer dans cette région. Cependant, c’est bien au Sud, plus précisément à Aïn el-Héloué, que le problème éclate. Sans que le Liban officiel songe à le traiter. Car la prise de contrôle des camps reste formellement interdite. Pour des considérations régionales multiples dont les décideurs se soucient beaucoup. Sans compter que la prise d’assaut des camps n’irait pas sans de très nombreuses victimes, comme le font valoir des responsables à Beyrouth.
Philippe ABI-AKL

