Le président de l’Autorité palestinienne a nommé un « cabinet d’urgence » de huit ministres, qui seront dirigés par le Premier ministre désigné Ahmed Qoreï, et décrété l’état d’urgence, selon une source officielle. Selon M. Qoreï, ce gouvernement pourra « opérer durant un mois », après quoi il devra demander l’investiture du Conseil législatif palestinien (CLP, Parlement). M. Qoreï a indiqué que le ministère de l’Intérieur avait été confié au général Nasser Youssef, les portefeuilles des Finances et des Affaires étrangères restant entre les mains des ministres sortants, respectivement Salem Fayad et Nabil Chaath.
Il a expliqué la nécessité de former un cabinet d’urgence à cause de la gravité de la situation sécuritaire pour les Palestiniens. Dans le même décret, M. Arafat a proclamé l’état d’urgence au « vu (des) circonstances difficiles et (de) la situation extrême que traverse la patrie, (...) dans tous les territoires de l’Autorité palestinienne ». La loi palestinienne permet au cabinet, après proclamation de l’état d’urgence, de gouverner par décrets.
Ce décret intervient au lendemain d’un attentat-suicide du mouvement radical palestinien Jihad islamique à Haïfa, qui a coûté la vie à 19 personnes, outre la kamikaze, et qui a relancé les menaces israéliennes d’expulsion de M. Arafat des territoires palestiniens.
Il intervient également après un raid aérien israélien, mené dans la nuit de samedi à dimanche en Syrie, accusée d’abriter des « bases terroristes » palestiniennes, en représailles à l’attentat de Haïfa (voir par ailleurs).
Israël n’a pas immédiatement réagi à la proclamation de ce nouveau cabinet, le pays étant paralysé par la fête du Yom Kippour, la principale fête religieuse juive, qui cette année coïncide avec le 30e anniversaire de la guerre arabo-israélienne déclenchée en 1973 par l’Égypte et la Syrie.


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