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GASTRONOMIE Spécialité régionale, l’anis de Flavigny s’adapte aux palais du monde entier

L’odeur de l’anis acheté en Espagne, en Turquie ou en Syrie embaume les ateliers au charme désuet de l’entreprise familiale Troubat, seule héritière des nombreuses fabriques d’anis qui existaient dans le petit village de Flavigny-sur-Ozerain après la Révolution française.
« J’essaie d’allier l’âme et la culture de notre entreprise avec ce que le moderne peut apporter de bien », explique Catherine Troubat, 40 ans, la gérante qui veille sur l’anis de Flavigny, l’une des plus anciennes marques françaises. Avec ses 250 tonnes de bonbons produites par an, l’entreprise (20 salariés, chiffre d’affaires de 2,29 M EUR), située dans les murs d’une ancienne abbaye bénédictine, est une naine dans le secteur de la confiserie. « Ce que je fais en un an, les gros confiseurs le font en un jour », relève Mme Troubat dont l’entreprise tente de marier tradition et modernité, proposant de nouvelles saveurs et une gamme bio de ce bonbon rond à base d’une graine d’anis, de sucre et d’un arôme naturel.
Si la légende en fait remonter l’origine à Jules César, des écrits dans les archives la mentionnent à partir de 1591.
Pour subsister, l’entreprise, reprise par la famille Troubat en 1923, n’a jamais cessé d’innover, d’abord en cherchant les lieux fréquentés pour capter les clients.
Dans les années 1930, le grand-père de Catherine a eu l’idée de proposer une petite boîte ovale métallique remplie d’anis dans les premiers distributeurs automatiques placés dans les gares et métros parisiens.
Jusqu’alors, les bonbons étaient vendus dans des étuis en carton.
Le père de Catherine a connu, lui, l’époque où il a fallu prospecter les stations-service, lors de la construction des autoroutes. Catherine Troubat s’est tournée vers les aéroports et, plus récemment, les jardineries.
« Je me suis rendu compte que nos clients aimaient les produits naturels et artisanaux. Il faut adapter l’entreprise au monde d’aujourd’hui. À l’époque de papa, il y avait plein de petits épiciers à Paris, ce n’est plus le cas », dit-elle.
Si la boîte n’a quasiment pas changé avec sur le couvercle ces scènes bucoliques où un berger conte fleurette à une bergère, des saveurs ont été inventées. Quatorze parfums différents existent, de l’immuable anis à la réglisse, en passant par le café ou la mandarine.
Certains ont été inventés pour les palais étrangers, comme le gingembre et la cannelle à destination des marchés américain et allemand. L’exportation représente actuellement 25% de l’activité de l’entreprise.
Depuis l’année dernière est également proposée une gamme bio avec la certification AB (agriculture biologique).
Dans les ateliers, des machines neuves côtoient celles des années 1930. Catherine Troubat réfléchit à une extension, car les lieux ne sont pas forcément bien adaptés à une entreprise du XXIe siècle. Mais elle ne veut pas brusquer les choses. « Depuis 25 ans, nous n’avons jamais dépassé les 250 tonnes produites, il faut d’abord dénicher de nouveaux marchés et seulement après nous nous poserons la question de notre taille », affirme-t-elle.
L’odeur de l’anis acheté en Espagne, en Turquie ou en Syrie embaume les ateliers au charme désuet de l’entreprise familiale Troubat, seule héritière des nombreuses fabriques d’anis qui existaient dans le petit village de Flavigny-sur-Ozerain après la Révolution française.« J’essaie d’allier l’âme et la culture de notre entreprise avec ce que le moderne peut apporter de bien », explique Catherine Troubat, 40 ans, la gérante qui veille sur l’anis de Flavigny, l’une des plus anciennes marques françaises. Avec ses 250 tonnes de bonbons produites par an, l’entreprise (20 salariés, chiffre d’affaires de 2,29 M EUR), située dans les murs d’une ancienne abbaye bénédictine, est une naine dans le secteur de la confiserie. « Ce que je fais en un an, les gros confiseurs le font en un jour », relève Mme...