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Les familles des martyrs à la recherche de leurs disparus(photos)

Ils étaient tellement nombreux à vouloir lui offrir enfin de dignes funérailles, qu’ils ont dû louer un bus pour venir de Babylone. Arrivés depuis quelques heures à Najaf, ils avalent rapidement un sandwich sur le bord de la route. Aujourd’hui, ils commémorent le quarantième de la découverte du corps d’un des leurs, disparu en 1991 lors des massacres qui ont lieu près de Babylone. 12 ans, c’est le temps qu’il leur aura fallu pour pouvoir enfin faire leur deuil d’un frère, d’un fils, d’un père. Ahmed Jaber, un des membres de la famille du disparu, explique qu’ils ont pu identifier le corps « grâce à des papiers d’identité retrouvés sur le cadavre de la victime ». Aujourd’hui, ce martyr repose dans la vallée de la paix, un vaste cimetière à Najaf avec pour seul horizon le désert, à l’infini.
Oum Amr, une des parentes de la victime, n’hésite pas à remercier le président Bush dont l’intervention a permis de renverser Saddam Hussein. « Personne ne peut oublier ce que les hommes de Saddam nous ont infligé durant l’intifada. Jusqu’à aujourd’hui, nous n’avons toujours pas retrouvé les corps de certains de nos oulémas. »
À Najaf, la question des martyrs est omniprésente. Sur la route menant à la mosquée de l’imam Ali, les murs sont couverts, entre deux slogans pro-ASRII, de banderoles noires sur lesquelles sont inscrits les noms de centaines de martyrs.
Fatima Abdel Kader n’a pas retrouvé son mari disparu durant la guerre avec l’Iran. L’air complètement perdu, elle tente d’entrer dans les locaux de l’ASRII à Najaf pour demander de l’aide au bureau des martyrs. Avec trois enfants à charge, la vie est impossible sans soutien financier. Or, depuis six mois, elle ne touche plus un sou. « Sous Saddam, je recevais une petite aide, aujourd’hui je n’ai plus rien. » Lylo Abd al-Nabe, elle, a pu atteindre le bureau des martyrs dont les murs sont couverts d’affiches représentant les visages des disparus. Noyée dans sa abaya noire, elle montre les photos de son mari au responsable qui consulte ses listes. « Mon mari était un camarade du sayyed Hakim. C’est pour cela qu’il a été assassiné il y a 20 ans à Najaf. Mais nous n’avons pas retrouvé son corps. » La répression du régime de Saddam contre le clan des Hakim a été particulièrement féroce dans les années 80. En ce qui concerne Lylo, l’ASRII devrait accéder à sa requête et lui octroyer une allocation mensuelle de 50 dollars. De quoi faire tout juste survivre sa famille.
E.S.
Ils étaient tellement nombreux à vouloir lui offrir enfin de dignes funérailles, qu’ils ont dû louer un bus pour venir de Babylone. Arrivés depuis quelques heures à Najaf, ils avalent rapidement un sandwich sur le bord de la route. Aujourd’hui, ils commémorent le quarantième de la découverte du corps d’un des leurs, disparu en 1991 lors des massacres qui ont lieu près de Babylone. 12 ans, c’est le temps qu’il leur aura fallu pour pouvoir enfin faire leur deuil d’un frère, d’un fils, d’un père. Ahmed Jaber, un des membres de la famille du disparu, explique qu’ils ont pu identifier le corps « grâce à des papiers d’identité retrouvés sur le cadavre de la victime ». Aujourd’hui, ce martyr repose dans la vallée de la paix, un vaste cimetière à Najaf avec pour seul horizon le désert, à...