« De plus en plus d’hommes d’affaires viennent en Irak, c’est un pays riche et le marché irakien est énorme, tout le monde veut venir faire des affaires », se gargarise le directeur irakien du port, le capitaine Adel Khalaf.
Des prix attractifs dopent
les activités portuaires
Selon lui, le processus est accentué par les prix attractifs, grâce à l’absence de taxes douanières jusqu’à fin 2003, une mesure décidée par l’administration américano-britannique qui dirige l’Irak depuis la chute du régime de Saddam Hussein.
Chaque semaine, trois ou quatre ferries viennent décharger leur marchandise dans le port, le seul port irakien en eau profonde, de même que des bateaux traditionnels du Golfe.
La plupart des embarcations qui accostent à Oum Qasr viennent des Émirats arabes unis.
Trois ferries enregistrés à Dubaï, le Jebel Ali 1, 2 et 3 se succèdent sur les quais.
Quelques passagers – hommes d’affaires ou réfugiés irakiens de retour au pays – sont de chaque voyage, mais les cales regorgent de tout ce dont les Irakiens ont manqué pendant l’embargo, imposé en 1991.
« Des voitures, des téléviseurs, des réfrigérateurs, des meubles, des appareils électriques et électroniques, tout ce dont les Irakiens ont besoin », détaille le capitaine Salah, responsable de la sécurité dans le port.
Les marchandises sont ensuite acheminées à travers tout le pays.
Du temps de Saddam Hussein, les voitures étaient un bien réservé en priorité aux membres du Baas, le parti unique au pouvoir, et la plupart des marchandises étaient surtaxées.
Les opérations de dragage se poursuivent et doivent s’achever en septembre.
La profondeur du port passera à 12,5 mètres et permettra d’accueillir des navires aux cargaisons plus importantes.
Le directeur du port prédit alors que les 21 aires d’arrimage seront occupées en permanence et que les bâtiments devront attendre en mer pour livrer leur chargement.
Dans les mois qui viennent, il faudra encore repêcher les épaves des navires coulés en 1991, pendant la guerre du Golfe, qui jonchent le fond du port, relève un expert qui supervise les opérations de dragage.
Les activités commerciales du port avaient été suspendues à la veille du déclenchement de la guerre, le 20 mars. Seuls les bateaux ravitaillant l’Irak en produits de première nécessité dans le cadre du programme pétrole contre nourriture étaient alors autorisés dans le port.
Le port d’Oum Qasr, unique porte d’entrée en Irak pour les navires-cargos – en particulier ceux transportant l’aide humanitaire – est passé le 23 mai sous administration de la société Stevedoring Services of America (SSA), qui a décroché un contrat attribué par les États-Unis.
Les Britanniques assuraient le contrôle du port depuis l’intervention militaire américano-britannique.
Une partie du port reste réservée aux rotations des navires militaires qui approvisionnent les troupes déployées en Irak.


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