Bisous bruyants, plaisir de se trouver en terrain conquis, regards en coin, les habituées sont des exclusives. Elles rivalisent de minceur, de lunettes extravagantes et d’escarpins funambulesques. Presque toutes ont sur elles un petit quelque chose siglé D&G, signe de reconnaissance. Veston noir sur chemise noire, jean inachevé qui s’effiloche sous la semelle, Stefano, représentant de la maison, reconnaît ses brebis. La plupart, il les a déjà rencontrées et conseillées dans les boutiques D&G de Milan et de Paris. Mis à part un show donné à titre privé au palais royal de Jordanie, il ne connaît pas la région et roule de grands yeux étonnés devant le succès de sa marque au Liban. Il n’en dirige pas moins les opérations avec le doigté d’un camelot de luxe. Tandis que la salle grouille d’impatientes, des accents de violons annoncent un automne romantique très vite démenti par un surgissement de techno. Le ton est donné: Dolce & Gabbana va mélanger tous les genres, du plus coquin au plus éthéré.
Zips, clips, agrafes et autres lacets
Une veste de velours noir ondule, féline, bordée de léopard. Plaisir. Applaudissements. En 36 tableaux, y compris la présentation des modèles homme, D&G offre ici le résumé de son vocabulaire hivernal: les éléments de couture, surtout les boutons, les lacets, les zips, les pressions, les boucles, les liens ceinturés, les chaînes façon gousset, les agrafes et tout ce qui brille sont apparents. Le noir fait souvent contraste avec de grands aplats de couleurs acidulées comme dans ces petites robes inspirées du tennis et des années 60. Avec le blanc, il offre des effets géométriques sur des tissus légers, en chemises, en accessoires ou en robes courtes. Les pantalons remontent bien au-dessus du nombril ou s’arrêtent nettement au-dessous de la taille. Les ceintures se font corsets, et de larges chemises blanches émergent des carcans de drap noir et des gilets. Le jean va du parme au lilas, le treillis est encore là, mais en satin, et le jodhpur, noir, est lacé à l’arrière sur presque toute la jambe. L’imprimé fleuri triomphe sur des hauts en mousseline légère qu’une simple bande soutient sur les épaules, presque sans couture. La fourrure est ludique sur des blousons très larges coupés comme des étoles et qu’on retrouve déclinés en toile de parachute fluo. Sous la fourrure, des robes du soir en dentelle sur mousseline beige ou azur près du corps, taillée en biais et, clou du défilé, une robe de soie entièrement rebrodée de sequins, sensuelle en diable comme on les aime en Orient. Les talons culminent à des altitudes rarement atteintes et infligent à la démarche quelque chose de déterminé, de sensuel et d’agressif à la fois.
Les hommes ne sont pas en reste avec des blousons de cuir et des vestons aux coupes impeccables contrastant avec des jeans qui tire-bouchonnent aux talons et présentent aux cuisses des coups de cutter ou de… talon aiguille!
Un événement convivial et rafraîchissant de légèreté, clôturé par un déjeuner tout autant, offert par la nouvelle direction du People, désormais placé sous la férule de Cyril Fattal et les étoiles du chef Frank Paulmier, transfuge de chez Pétrossian.


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