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Un ancien maître espion britannique défend bec et ongles le gouvernement (photo)

John Scarlett, un haut responsable chargé de faire le lien entre le gouvernement et les services de renseignements britanniques, a fermement défendu un dossier controversé de septembre 2002 sur l’arsenal irakien, en niant tout ajout intempestif de l’équipe du Premier ministre, Tony Blair.
Témoin très attendu du neuvième jour de l’enquête sur la mort de l’expert en armement David Kelly, le président du Comité conjoint des services de renseignements (JIC) John Scarlett a confirmé qu’il avait été le maître d’œuvre du dossier gouvernemental sur les armes de destruction massive (ADM) de Saddam Hussein.
D’une voix assurée, cet ancien maître espion britannique au regard vif a répondu sans états d’âme à l’avalanche de questions détaillées de l’équipe du juge (Lord) Brian Hutton, qui devait entendre aussi jeudi dans la même enceinte le Premier ministre, Tony Blair.
Alastair Campbell, directeur de la communication et éminence grise du Premier ministre, avait affirmé la semaine dernière que son ami John Scarlett « voulait la maîtrise du dossier » irakien de septembre 2002. Toute contradiction entre le récit des deux hommes allait donc être examinée à la loupe.
Le dossier, « un exercice qui en valait la peine » selon lui, n’a en aucun cas constitué « un document pour présenter des arguments en faveur de quoi que ce soit », a finalement affirmé M. Scarlett devant le juge, sans laisser planer le moindre doute sur la probité du gouvernement de Tony Blair.
Un journaliste de la BBC-radio, se fondant sur un entretien avec l’expert en armement David Kelly – sous le couvert de l’anonymat –, avait accusé le gouvernement d’avoir rendu ce dossier « plus sexy » pour convaincre l’opinion publique de la nécessité d’une guerre.
Le haut responsable du gouvernement a expliqué que son rôle était de décider si les changements de formulation présentés par Alastair Campbell étaient conformes aux renseignements secrets disponibles pour l’élaboration du dossier. « C’était à moi de décider si c’était possible, si ça ne l’était pas », a-t-il insisté.
L’ex-espion de 55 ans a travaillé pendant trente ans pour le MI6 (services de renseignements extérieurs) à Nairobi, Moscou et Paris. Il avait fait la une des journaux à une autre occasion, en se faisant expulser de Moscou en 1994, avant de rentrer à Londres pour occuper l’un des cinq postes de direction du MI6.

« La fin des temps
pour James Bond »
Il était devenu président du JIC en septembre 2001, occupant ainsi une fonction plus souvent attribuée à d’anciens diplomates, selon la presse.
« En tant que personne en contact fréquent avec des membres de haut rang des services de renseignements, dont les plus haut placés, je n’étais pas conscient d’une insatisfaction (...) sur le contenu du dossier », a confié M. Scarlett mardi.
Il a aussi indiqué ne pas être au courant de lettres de membres du Service de renseignement militaire (DIS) à leurs supérieurs, déjà présentées dans le cadre de l’enquête et dans lesquelles ils s’interrogeaient sur la mention selon laquelle l’Irak pouvait déployer des ADM en 45 minutes.
Son plaidoyer a de quoi couper court à une rumeur persistante sur des dissensions entre les services de renseignements et le gouvernement dans les mois qui ont précédé la guerre en Irak.
Dans une récente tribune intitulée « La fin des temps pour James Bond », Philipp Knighley, auteur d’une histoire de l’espionnage, se montrait toutefois dubitatif en concluant que l’équipe de Tony Blair « a décidé que les services de renseignements sont simplement une autre section gouvernementale, pour faire progresser la politique du gouvernement ».
« Si les traditionnels maîtres espions n’aiment pas, tant pis. Le gouvernement en trouvera de nouveaux, qui feront ce qu’on leur dit », ajoutait cet expert.
John Scarlett, un haut responsable chargé de faire le lien entre le gouvernement et les services de renseignements britanniques, a fermement défendu un dossier controversé de septembre 2002 sur l’arsenal irakien, en niant tout ajout intempestif de l’équipe du Premier ministre, Tony Blair.Témoin très attendu du neuvième jour de l’enquête sur la mort de l’expert en armement David Kelly, le président du Comité conjoint des services de renseignements (JIC) John Scarlett a confirmé qu’il avait été le maître d’œuvre du dossier gouvernemental sur les armes de destruction massive (ADM) de Saddam Hussein.D’une voix assurée, cet ancien maître espion britannique au regard vif a répondu sans états d’âme à l’avalanche de questions détaillées de l’équipe du juge (Lord) Brian Hutton, qui devait entendre aussi...