« Michelin est de plus en plus fort et Ferrari ne sera pas champion », indiquait le Britannique quelques heures avant la course. Si rien n’est encore joué, si tout peut encore arriver d’ici au 12 octobre à Suzuka au Japon, il n’empêche.
La domination du clan Michelin, sept voitures, de la Renault d’Alonso à celle de Jarno Trulli, aux sept premières places, le calvaire de Michael Schumacher (Ferrari), huitième seulement à Budapest, aura marqué un été « noir » pour la Scuderia et pour le pilote allemand.
Trois points seulement engrangés au mois d’août, dix-huit en cinq courses depuis la dernière victoire de l’Allemand au Canada le 15 juin... contre quarante dans la même période à Juan Pablo Montoya (Williams-BMW), Michael Schumacher ne compte désormais plus qu’un tout petit point d’avance sur le Colombien. Et deux sur Kimi Raikkonen (McLaren-Mercedes). Une misère.
Trois pilotes en deux points
À trois Grands Prix de la fin, ils sont donc trois pilotes en deux points, un trio dans une course au titre mondial plus indécise que jamais. « Seul un miracle pourrait me donner une chance d’être champion », reconnaissait en effet dimanche soir Ralf Schumacher (Williams-BMW) encore en lice mathématiquement, mais avec vingt-quatre points de retard.
Après des semaines de canicule, une absolue suprématie de Michelin face à Bridgestone, Ferrari attend maintenant les essais de Monza (2 au 4 septembre) avant le Grand Prix d’Italie (14 septembre) pour tenter de trouver des solutions, reprendre la main pour les trois derniers rendez-vous, Italie, États-Unis et Japon.
« Nous devons travailler avec nos partenaires techniques pour retourner la situation, disait Jean Todt, directeur de Ferrari. Après la déception de dimanche, nous savons que nous avons la capacité de réagir et de redevenir compétitifs au plus haut niveau. »
« Je sais que cette équipe est capable de faire ce qu’il faut pour aborder dans les meilleures conditions les derniers rendez-vous », insistait Michael Schumacher.
« La clé du championnat »
Chez Williams-BMW, comme chez McLaren-Mercedes, personne n’est prêt cependant à laisser Ferrari reprendre les commandes. « Le championnat est très serré et tout peut arriver maintenant. Nous serons bien à Indianapolis, et, pour Monza, nous allons disposer de nouveaux éléments, notamment un nouvel aileron avant. Ainsi qu’un nouveau moteur », témoignait Raikkonen.
« Nous avons été très forts les années précédentes à Monza. Ce sera un bon circuit pour nous... Pour Ferrari aussi, indiquait Montoya. Je pense qu’à Indianapolis, nous serons en mesure de les battre. Et si Ferrari a été très fort par le passé à Suzuka, nous pouvons nous aussi être très rapides sur ce genre de tracé. Ce sera disputé. »
Qui aurait pu prévoir un tel final au début de la saison, après la domination absolue des « rouges » l’an passé et les promesses de la F2003 GA ? Trois pour un titre à trois courses de la fin, pour Fernando Alonso, le héros de Budapest, tout dépendra sans doute et encore des pneumatiques.
« Ce sera la clé du championnat, prédisait l’Espagnol dimanche au soir de son triomphe, de sa première victoire en F1. Les Michelin ont été très compétitifs tout au long de ces dernières courses. Sans doute Kimi Raikkonen et Juan Pablo Montoya ont-ils plus de chance de l’emporter. Mais il faudra être constant. Le moindre abandon, et tout risque d’être perdu. »


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