La police et le service de sécurité intérieure Shin Beth ont réalisé un important coup de filet parmi des activistes, arrêtant neuf colons dont un militaire, depuis juillet, s’ajoutant à quatre autres personnes arrêtées en avril 2002.
Les enquêteurs n’ont pas établi jusqu’à présent des liens structurels entre les deux groupes, selon des sources policières.
Néanmoins, toutes les personnes arrêtées, dont certaines ont perdu des proches dans des attentats palestiniens, sont soupçonnées d’être impliquées dans des attaques ou des préparatifs d’attaques antipalestiniennes.
C’est ce qui ressort de l’un des actes d’accusation dont la justice a finalement autorisé la publication hier après avoir longtemps imposé le black-out.
Les attaques, principalement sur des routes, ont fait au moins neuf tués parmi les Palestiniens. Elles ont été revendiquées par des interlocuteurs anonymes au nom de mystérieux groupes de « vengeurs ».
L’arrestation la plus récente est celle vendredi dernier d’un soldat du contingent, Yeoyariv Megouri (21 ans), habitant une colonie sauvage près de l’implantaion de Tapuah dans le nord de la Cisjordanie.
« Si les soupçons contre ces suspects s’avèrent justes, ce serait la plus grave affaire de terrorisme juif depuis le réseau des années 80 », a déclaré un haut responsable sécuritaire aux médias.
Il faisait référence à un réseau clandestin composé de colons juifs qui avait commis plusieurs attentats sanglants et s’apprêtait à détruire à l’explosif la mosquée al-Aqsa à Jérusalem, en espérant ainsi torpiller l’accord de paix avec l’Égypte.
Les membres du réseau avaient été à l’époque condamnés à de lourdes peines. Ils ont tous depuis bénéficié de grâces, y compris ceux qui étaient condamnés à vie pour meurtre, et ont tous été libérés après quelques années de détention.
Le 27 avril 2002, trois colons de Bat Ayin, une petite colonie au sud de Bethlehem, ont été arrêtés en flagrant délit alors qu’ils posaient une bombe de forte puissance près d’une école palestinienne à Jerusalem-Est.
Un quatrième colon, Yossi Ben Baroukh, considéré par la police comme le cerveau de cet attentat, allait être arrêté quelques jours plus tard.
La seconde vague d’arrestions a débuté le 22 juillet 2003 avec l’interpellation de deux colons de la région de Hébron. Ces deux suspects, Itshak Pass et Mattityahou Shevo, son beau-frère, sont accusés officiellement d’avoir transporté 4 kilos d’explosifs volés dans une base militaire dans leur voiture en vue de commettre un attentat antipalestinien. Itshak Pass, qui vit dans l’implantaion juive de Hébron, est le père de la petite Shalevet Pass, un bébé de 10 mois tué par un tireur embusqué palestinien en mars 2001. Sept autres suspects, tous connus comme activistes d’extrême droite, ont été depuis arrêtés.
Il s’agit de Ronen Aroussi, 25 ans, qui vit seul dans une colonie sauvage qu’il a baptisée de son nom prés de Naplouse, de Selah Tor, 22 ans du quartier juif de Hébron, de Issahar Perez, 30 ans de la colonie de Kiryat Arba près de Hébron, de Shahar Dvir, 27 ans, de Tsouriel Amihour, 24 ans, de la colonie sauvage de Ade Ad dans la région de Naplouse et de David Livman, 22 ans de la colonie d’Itshar.
En novembre 2001, quand avaient commencé les premières attaques antipalestiniennes faisant quatre morts et 14 blessés, le chef du Shin Beth, Avi Dichter, avait nié l’existence d’un « réseau terroriste », alors que l’opposition de gauche accusait ses services de laxisme envers les milieux extrémistes.


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