L’ambassadeur d’Israël à l’Onu a jeté un froid jeudi au siège de l’Onu à New York en laissant entendre que le camion utilisé dans l’attentat-suicide contre le bâtiment abritant le QG des Nations unies à Bagdad pourrait être venu de Syrie.
L’ambassadeur de Syrie, Fayssal Mekdad, s’est empressé de rejeter ces accusations, les qualifiant de « gros mensonge », et les conseillers de l’ambassadeur d’Israël, Dan Gillerman, ont eux-mêmes dû reconnaître que sa sortie se fondait en partie sur l’interview donnée à la chaîne de télévision Fox par un ancien analyste militaire américain.
Gillerman a pour le moins étonné plusieurs diplomates de l’Onu avec cette allégation, formulée devant une salle où se réunissent les membres du Conseil de sécurité, selon laquelle la Syrie est « le pays d’où provient probablement le camion qui a fait exploser le complexe (de l’Onu) à Bagdad ».
Prié de dire si la Syrie était directement liée à l’attentat de mardi, qui a fait au moins 24 morts et en a blessé une centaine d’autres, Gillerman a répondu qu’il n’y existait pour l’heure pas suffisamment de preuves pour l’affirmer.
« Tout ce que je dis c’est que des rapports des services de renseignements et des informations vues et entendues dans les médias indiquent que le camion qui a explosé devant le complexe à Bagdad venait en fait de Damas », a-t-il dit.
Certains de ses collaborateurs ont précisé sous le sceau de l’anonymat que Gillerman ne faisait pas référence à des rapports des services secrets israéliens, mais à des rapports émanant d’autres pays, ainsi qu’à des informations diffusées par les médias, et notamment l’interview de Fox.
Ils ont ajouté que Gillerman ne voulait pas dire que les explosifs utilisés pour l’attentat avaient été préparés ou disposés dans le camion en Syrie.
Israël et les États-Unis accusent la Syrie, qui détient un siège au Conseil de sécurité et assure en août sa présidence tournante, d’abriter et de contribuer au financement d’organisations terroristes qui attaquent des cibles en Israël.
Quant à Mekdad, il a déclaré aux journalistes que, pendant la présidence syrienne, « le principal objectif d’Israël était de soulever des doutes quant à la présence de la Syrie à la tête du Conseil ».
Il a accusé en outre Israël de se livrer lui-même au « terrorisme d’État » dans les territoires palestiniens, citant notamment le bombardement par l’armée israélienne d’installations de l’Onu sur place.


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