Au bâtiment de l’Escwa, à Beyrouth, Mme Mervat Tellawi avait organisé une cérémonie sobre et émouvante en présence d’officiels, de membres du corps diplomatique et de nombreux fonctionnaires des délégations des Nations unies accréditées au Liban. Pas de grands discours ni de déclarations tonitruantes, Mme Tellawi et ceux qui ont répondu à son invitation ont préféré rester dignes. Une minute de silence, un bref discours de solidarité et une allocution du représentant du chef de l’État, le ministre Karim Pakradouni, pour réaffirmer l’attachement du Liban au rôle de l’Onu et à ses principes de paix, de dialogue et de coexistence, et il ne restait plus qu’à allumer une flamme, symbole de vie dans un monde où plane la mort.
En une demi-heure, tout était fini. Par respect pour les victimes, il ne fallait pas que cette cérémonie soit une occasion exploitée dans des objectifs divers. C’est pourquoi les responsables ont voulu faire le minimum tout en se faisant représenter : M. Pakradouni, donc, pour le président de la République, le député Adnane Arakji pour le président de la Chambre et le ministre Fouad Siniora pour le président du Conseil. Il y avait aussi les ministres Marwan Hamadé et Michel Samaha ainsi que des députés et le représentant personnel du secrétaire général de l’Onu au Sud, M. Staffan Di Mistura.
Alors que défilaient les noms de victimes de l’attentat du 19 août à Bagdad, dont deux Libanais, Jean Sélim Kanaan et Nadia Younès, les présents ont tenu à assurer que le meilleur moyen de rendre hommage aux disparus est de poursuivre la mission de l’Onu en Irak pour aider le peuple irakien à reprendre en main son propre destin et améliorer son quotidien.
Dans la soirée, des dizaines de personnes sont venues allumer des bougies dans le jardin qui fait face au bâtiment de l’Escwa. Un espoir de vie dans un univers assombri par la violence et la haine.


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