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Société Le golf, loisir raffiné pour la nouvelle bourgeoisie russe

Il y a six ans, Mikhaïl Ouchakov voyait pour la première fois un parcours de golf en Irlande. Aujourd’hui cet homme d’affaires prospère est champion en titre de Saint-Pétersbourg et passe toutes ses heures creuses à ce jeu « intellectuel et raffiné ».
Le golf est de plus en plus à la mode en Russie où le tennis et le ski, relativement plus « démocratiques », n’assouvissent plus les aspirations des riches à la recherche de nouveaux loisirs.
Depuis cinq ans, les visiteurs de la maison de repos Diouni observent sur le parking une multiplication de Mercedes et de BMW, dont les propriétaires se dirigent, clubs à l’épaule, vers le parcours de golf.
« C’est un jeu stratégique, un peu comme les affaires. On est avant tout en compétition avec soi-même », explique M. Ouchakov, 45 ans, calme et sûr de soi, qui possède des intérêts dans l’extraction d’or en Sibérie et dans un des plus importants chantiers navals russes. « Je trouve que le golf est plus raffiné et plus intellectuel que n’importe quel autre sport », dit-il.
Apparu en Russie à la fin des années 1980, le golf n’était au début qu’un divertissement des milieux diplomatiques de Moscou. « Les étrangers constituaient 80% des membres du premier club de golf à Nakhabino », raconte Sergueï Spitsine, aujourd’hui président du club Diouni. « Au début j’étais le seul Russe, aujourd’hui il y en a des centaines », se félicite-t-il.
Et les hommes d’affaires russes sont majoritaires parmi les 700 membres du club de Nakhabino qui a une longue liste d’attente, selon la direction.
La Russie compte actuellement trois clubs de golf, et depuis 1996 des joueurs russes participent aux championnats du monde.
M. Spitsine explique ce boom par l’image de prestige de ce sport et sa nouveauté en Russie, prédisant que le golf attirera encore de nombreux adeptes.
« Je suis certain que le golf a de l’avenir en Russie où l’économie se développe et où une nouvelle bourgeoisie naît », affirme-t-il.
La carte de membre de club est de 27000 dollars par an à Nakhabino et de 5000 dollars à Diouni. Elle détermine un niveau social, et nombre d’hommes d’affaires rêvent de ce symbole de réussite.
Valentin Khilchtein, 38 ans, a commencé à jouer au golf l’année dernière et voit dans ce sport « un moyen de se retrouver sur une nouvelle marche de l’escalier social ».
Cet homme musclé, propriétaire d’une petite entreprise de fabrication de stores, n’est pas encore membre du club. « C’est un peu cher pour moi pour l’instant », avoue-t-il.
« Le golf exige un certain niveau social et financier, d’autant que les joueurs voyagent beaucoup ensemble, et là il faut bien être à la hauteur des autres », explique Mikhaïl Ouchakov.
Lui aussi est optimiste quant à l’avenir du golf en Russie, affirmant même que le président Vladimir Poutine, ceinture noire de judo et amateur de ski alpin, s’intéresse à ce sport, et donc va probablement contribuer à sa promotion.
Le hockey, sport chéri de Leonid Brejnev, « a énormément progressé à l’époque soviétique, de même que le tennis à l’époque de Boris Eltsine que l’on voyait souvent jouer. Je sais avec certitude que Poutine montre de l’intérêt pour le golf », dit-il.
Il y a six ans, Mikhaïl Ouchakov voyait pour la première fois un parcours de golf en Irlande. Aujourd’hui cet homme d’affaires prospère est champion en titre de Saint-Pétersbourg et passe toutes ses heures creuses à ce jeu « intellectuel et raffiné ».Le golf est de plus en plus à la mode en Russie où le tennis et le ski, relativement plus « démocratiques », n’assouvissent plus les aspirations des riches à la recherche de nouveaux loisirs.Depuis cinq ans, les visiteurs de la maison de repos Diouni observent sur le parking une multiplication de Mercedes et de BMW, dont les propriétaires se dirigent, clubs à l’épaule, vers le parcours de golf.« C’est un jeu stratégique, un peu comme les affaires. On est avant tout en compétition avec soi-même », explique M. Ouchakov, 45 ans, calme et sûr de soi, qui possède...