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À Rafah, Israël érige un autre « mur »(photo)

Israël érige actuellement à Rafah, au sud de la bande de Gaza et au grand désespoir de ses habitants, un « mur » de protection qui est loin de susciter le tollé international soulevé par celui construit le long de sa ligne de démarcation avec la Cisjordanie.
Ce mur, d’une hauteur de huit mètres, qui aura à terme une longueur de sept kilomètres, est érigé dans le no man’s land établi par l’armée israélienne entre la partie palestinienne et égyptienne de la ville, située à cheval sur la frontière entre l’Égypte et le territoire palestinien. Deux kilomètres ont déjà été construits.
« Il n’y a aucune différence entre les deux murs. L’érection de celui-ci est un moyen pour Israël de s’emparer de notre terre mètre par mètre », affirme Moustapha Jaber, un habitant de Rafah, en regardant le mur, un assemblage de plaques de métal.
Depuis le déclenchement de l’intifada, fin septembre 2000, l’armée israélienne a démoli quelque 900 maisons palestiniennes à Rafah, créant une zone tampon d’environ cent mètres de large entre la partie égyptienne et la partie palestinienne de la ville qu’elle contrôle, selon des organisations humanitaires. « Nos dirigeants politiques ignorent ce mur car ils estiment qu’il n’affectera pas sensiblement le tracé des frontières du futur État palestinien », estime M. Jaber. Jadis au centre de Rafah, sa maison est aujourd’hui face à cette barrière en construction.
Les Palestiniens de Rafah se sentent aujourd’hui, « comme toujours », isolés physiquement et politiquement, dit M. Jaber. Seuls des volontaires étrangers du Mouvement de solidarité internationale (ISM) sont présents sur les lieux.
L’armée justifie le mur de Rafah par le fait que les activistes palestiniens utilisent les maisons proches de la frontière comme base d’attaques contre ses positions et comme cache pour les sorties de tunnels par lesquels ils font passer en contrebande des armes. « Le seul objet de ce mur est de perpétuer les divisions dans la région et de rendre la paix encore plus difficile en raison du manque de contacts entre les peuples voisins », dit la militante pacifiste.
« Regardez cet endroit, un quartier désert, il n’y reste que des sans-abri et des chômeurs », dit Abou Samir, un Palestinien âgé. « Ce qui nous arrive aujourd’hui sera demain le sort des gens de Kalkiliya », assure Abou Samir, un Palestinien âgé, évoquant le mur en béton de huit mètres de haut, qui a isolé cette ville palestinienne du reste du nord de la Cisjordanie. « Je pouvais voir ceux de ma famille qui étaient de l’autre côté. Ce mur a coupé la ville, nos terres et nos maisons en deux », dit-il. Sa maison a été démolie par l’armée en 2002. Depuis, tous ses effets tiennent dans un baluchon fixé à son bâton de marche.
Israël érige actuellement à Rafah, au sud de la bande de Gaza et au grand désespoir de ses habitants, un « mur » de protection qui est loin de susciter le tollé international soulevé par celui construit le long de sa ligne de démarcation avec la Cisjordanie.Ce mur, d’une hauteur de huit mètres, qui aura à terme une longueur de sept kilomètres, est érigé dans le no man’s land établi par l’armée israélienne entre la partie palestinienne et égyptienne de la ville, située à cheval sur la frontière entre l’Égypte et le territoire palestinien. Deux kilomètres ont déjà été construits.« Il n’y a aucune différence entre les deux murs. L’érection de celui-ci est un moyen pour Israël de s’emparer de notre terre mètre par mètre », affirme Moustapha Jaber, un habitant de Rafah, en regardant le mur, un...