Mme Arroyo a déclaré que la menace que présentait cette révolte militaire dirigée contre elle s’était dissipée, a rapporté à la presse son porte-parole Ignacio Bunye. Mme Arroyo a ordonné aux autorités de déclassifier des documents saisis sur les mutins dont l’action faisait partie, selon le gouvernement, d’un plus vaste complot visant à renverser voire à assassiner la présidente et à la remplacer par une junte militaire, a ajouté le porte-parole.
« La menace résiduelle s’est atténuée » et la situation est « maintenant sous contrôle », a déclaré aux journalistes M. Bunye, tout en admettant que des conspirateurs pouvaient rester en liberté après avoir pris la fuite.
Plus de 300 soldats, dont des officiers subalternes, ont été accusés de rébellion devant un tribunal civil après qu’ils eurent occupé pendant plus de 20 heures le quartier financier de Makati le 27 juillet.
Quarante-cinq officiers et 108 soldats pourraient également être traduits en cour militaire.
Le chef de l’état-major, le général Rodolfo Garcia, a affirmé que la prise du complexe résidentiel et commercial dans le quartier des affaires de Makati constituait une action de rechange des rebelles après que leur complot eut été éventé.
À l’origine, leur intention était d’assassiner Mme Arroyo et les autres dirigeants du pays et de prendre le contrôle des installations-clés, a-t-il ajouté.
« Ils voulaient mettre en place quelqu’un dont le nom de code est Kuya (Grand Frère) en qualité de chef de l’État », a ajouté le général Garcia selon lequel ce nom « désigne le sénateur Gregorio Honasan ».
Le sénateur Honasan se cache depuis que le gouvernement a engagé des poursuites judiciaires contre lui la semaine dernière. Dans une interview téléphonique diffusée par les radios et les télévisions de Manille, le sénateur Honasan, 55 ans, a démenti toute implication dans cette tentative de coup d’État.
Ancien colonel dans l’armée philippine, le sénateur avait participé dans les années 80 à plusieurs révoltes contre le gouvernement. Il devait être ensuite amnistié avant de conquérir son fauteuil de sénateur.
Selon le général Garcia, le plan initial prévoyait la mise en œuvre d’unités militaires beaucoup plus importantes au moins « 600 officiers et simples soldats », afin de prendre simultanément le palais présidentiel de Malacanang, les principales installations militaires, l’aéroport de Manille ainsi que les stations de radio et de télévision. Les officiers rebelles affectés à la sécurité présidentielle devaient conduire le convoi de la présidente à un endroit où d’autres rebelles auraient attendu pour effectuer une embuscade.
Cette tentative de coup d’État aurait dû se produire le 2 août, mais la solution de rechange s’est imposée une fois que le gouvernement a découvert le complot.
Une disquette informatique contenant les pseudonymes de trois officiers supérieurs allant jusqu’au grade de colonel, a été saisie, a-t-il indiqué, précisant qu’on avait d’ores et déjà une idée de leur identité.


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