L’équipe médicale qui soignait le jeune handicapé depuis 3 ans a indiqué avoir décidé « de limiter les thérapeutiques actives » et avoir « pris cette décision collective et difficile en toute indépendance ».
Placée en garde à vue pour « tentative d’assassinat », Marie Humbert, 48 ans, avait toutefois été remise en liberté jeudi et le ministre de la Justice, Dominique Perben, a demandé hier au Parquet de « faire preuve de la plus grande humanité dans l’application de la loi ».
Vincent Humbert, qui affirmait être « mort depuis le 24 septembre 2000 », avait écrit en décembre au président français Jacques Chirac pour réclamer l’autorisation de mourir. Face à l’émotion soulevée en France par ce drame, le ministre des Affaires sociales, François Fillon, a proposé d’ouvrir un débat sur l’euthanasie.
« Je crois qu’il faut ouvrir un débat pour modifier notre législation et pour pouvoir, avec toutes les garanties nécessaires, prendre en compte les situations comme celle-là », a déclaré M. Fillon, estimant que Mme Humbert « peut être fière d’avoir permis l’ouverture de ce débat ».
Le responsable des questions de santé au sein du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Jean-Marie Le Guen, a suggéré que le parti socialiste présente une proposition de loi en excluant de mener un débat partisan sur cette question. « Il est temps, a-t-il dit, dans une société démocratique, de légiférer avec tolérance et précaution pour qu’il y ait un certain nombre d’exceptions qui rendent possible l’euthanasie. » L’affaire a fait hier la une des journaux, Libération demandant « d’en finir avec l’hyprocrisie ».
« Laissez-les mourir », a lancé France-Soir en demandant à ses lecteurs de participer au débat en leur posant la question : « Approuvez-vous le geste de cette mère qui veut aider son fils à mourir au point d’avoir recours à l’euthanasie ? »
Comme l’ont exprimé plusieurs députés de droite connus pour leur convictions religieuses, le journal catholique La Croix a évoqué « le caractère sacré de toute vie », déplorant que le drame de Vincent Humbert devienne « une pièce majeure dans la propagande en faveur de l’euthanasie active ». Pour Le Figaro, la question de l’euthanasie est désormais « posée à l’échelon européen », certains pays, comme les Pays-Bas et la Belgique ayant légalisé totalement ou partiellement l’euthanasie, tandis que d’autres, comme l’Espagne et la Suisse, considèrent que le suicide assisté de certains malades n’est pas un homicide.


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