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L’hémorragie d’emplois se poursuit dans l’industrie américaine

De Boeing à Kodak, l’hémorragie d’emplois se poursuit dans l’industrie aux États-Unis, et des questions se posent sur l’avenir de ce secteur dans une économie dominée par les services.
Le secteur industriel a été le plus frappé par la lente montée du chômage aux États-Unis depuis la mi-2000, avec plus de 2,6 millions d’emplois supprimés, et chaque mois les entreprises tranchent dans leurs effectifs.
L’industrie a encore perdu 56 000 postes en juillet.
Le mois dernier, les grandes entreprises ont continué d’annoncer des coupes claires. Ce n’est plus la sidérurgie, contrainte à une vaste restructuration, ou la construction navale, mise à mal dans les années 80, mais Boeing qui supprime 4 à 5 000 emplois, Ford qui réduit ses coûts salariaux ou encore Kodak qui se sépare de 6 000 salariés.
Chez Kodak, ces baisses d’effectifs vont signifier par exemple le transfert vers la Chine et le Mexique d’une partie de la ligne de production des pellicules 35 mm qui se trouvait à Rochester (État de New York), berceau de l’entreprise.
« En produisant en partie ailleurs dans le monde, vous faites des économies et des bénéfices », explique Anthony Sanzio, porte-parole du groupe.
Or, Kodak, qui vient d’accuser une baisse de 60 % de ses bénéfices trimestriels, a grandement besoin de faire des économies.
Les États-Unis semblent condamnés à voir filer un grand nombre d’emplois vers des pays à bas coûts salariaux dans un contexte de concurrence exacerbée.
Le consultant Gartner prédit qu’un demi-million d’emplois dans les industries de haute technologie pourraient être délocalisés en 2004.
« Le problème numéro un pour l’industrie est la surévaluation du dollar, qui rend les produits américains non compétitifs sur les marchés mondiaux », affirme l’économiste Josh Bivens, de l’Institut de politique économique.
« Un dollar fort signifie que produire aux États-Unis est très cher et cela encourage les entreprises à regarder ailleurs, notamment vers la Chine », ajoute-t-il.
Le dollar s’est déprécié ces derniers mois, et selon M. Bivens, un demi-million d’emplois pourraient être créés aux États-Unis, surtout dans l’industrie, si le billet vert restait à sa valeur du 1er juillet pendant un an et demi.
Mais d’autres ne sont pas tous aussi optimistes.
« Une grande partie des emplois qui ont disparu depuis juin 2000 ne reviendront pas », avertit Thomas Duesterberg, de l’alliance des industriels Mapi, car « nous avons eu une explosion de la productivité industrielle ces dernières années ».
Après une année quasi record l’an dernier, la productivité a encore progressé de 5,7 % au deuxième trimestre 2003, dont 4,2 % pour le secteur industriel, a indiqué le département du Travail la semaine dernière.
Ce déclin de l’emploi s’inscrit dans une tendance historique de régression de l’industrie, un secteur qui employait un travailleur sur trois au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale contre un peu plus d’un sur dix aujourd’hui.
« À chaque récession le déclin est plus lourd, plus irréversible, plus apparent », souligne John Challenger, PDG du cabinet de conseil Challenger Gray and Christmas.
Cela signifie-t-il que l’industrie est condamnée au déclin ?
« En termes d’emploi probablement, mais la réponse est moins évidente en termes de valeur ajoutée », estime M. Duesterberg.
Pour les analystes, les secteurs d’avenir seront logiquement ceux requérant le plus de qualification ou de spécialisation.
Et les États-Unis ont tout intérêt à soutenir la restauration d’un secteur industriel.
« Il n’emploiera jamais un tiers des salariés comme dans les années 50, mais je ne crois pas que l’économie américaine puisse être en bonne santé sans industrie », dit M. Bivens.
De Boeing à Kodak, l’hémorragie d’emplois se poursuit dans l’industrie aux États-Unis, et des questions se posent sur l’avenir de ce secteur dans une économie dominée par les services.Le secteur industriel a été le plus frappé par la lente montée du chômage aux États-Unis depuis la mi-2000, avec plus de 2,6 millions d’emplois supprimés, et chaque mois les entreprises tranchent dans leurs effectifs. L’industrie a encore perdu 56 000 postes en juillet.Le mois dernier, les grandes entreprises ont continué d’annoncer des coupes claires. Ce n’est plus la sidérurgie, contrainte à une vaste restructuration, ou la construction navale, mise à mal dans les années 80, mais Boeing qui supprime 4 à 5 000 emplois, Ford qui réduit ses coûts salariaux ou encore Kodak qui se sépare de 6 000 salariés.Chez Kodak, ces...