Si l’argumentaire de la défense était retenu et que le tribunal islamique de Katsina (Nord) acquittait Amina, le gouvernement fédéral nigérian du président Olusegun Obasanjo serait probablement soulagé.
Mais les tensions provoquées par la réintroduction de la stricte charia en 2000, dans 12 États à majorité musulmane du nord du Nigeria, ne vont pas disparaître et la pression risque de s’accroître sur le gouvernement de M. Obasanjo. Malgré de nombreuses condamnations internationales des sévères châtiments (lapidation, amputation) prononcés en vertu de la charia, le chef d’État chrétien n’a pas encore directement dénoncé cette loi, par crainte de mécontenter les quelque 63 millions de musulmans nigérians, soit la moitié de la population du pays le plus peuplé d’Afrique.
La plupart des observateurs s’attendent à l’acquittement de la jeune femme par la cour d’appel islamique de Katsina (Nord) aujourd’hui ou demain, ce qui ferait momentanément taire les critiques internationales. Mais dans le pays, groupes chrétiens et militants des droits de l’homme reprochent au président de ne pas utiliser la Constitution de 1999 pour faire annuler les décisions de tribunaux qu’ils considèrent en violation des libertés fondamentales.
Les associations chrétiennes accusent le gouvernement de fermer les yeux devant l’islamisation de certaines régions du Nigeria et de diviser ethniquement et religieusement la fédération.
Même au sein de la communauté musulmane, on dénonce l’application de la charia comme une injustice, visant les Nigérians pauvres et peu éduqués, comme Amina, plutôt qu’une élite souvent accusée de corruption.


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