Gene Robinson a été élu à une majorité des deux tiers. Ce vote s’est déroulé lors d’une réunion annuelle d’un millier d’évêques de cette Église de confession anglicane, et ce malgré la très forte opposition du clergé conservateur.
Le révérend Gene Robinson, 56 ans, avait publiquement fait cas de son homosexualité en 1990 et vit avec son compagnon actuel depuis plusieurs années.
Son élection le mois dernier dans son diocèse pour en devenir l’évêque a suscité un grand intérêt médiatique international en raison des conséquences à la fois pour l’Église épiscopalienne américaine et la communauté anglicane mondiale.
Les évêques de l’Église épiscopalienne, présents à leur convention, se sont cependant montrés divisés sur la nomination du révérend Robinson comme sur la question des mariages homosexuels. Ces deux polémiques font craindre un éclatement de l’Église anglicane américaine.
L’anglicanisme est la religion officielle de la Grande-Bretagne. Dans d’autres pays où s’installèrent des émigrés anglais (États-Unis, Canada, Australie), il porte l’étiquette d’Église épiscopalienne.
L’Église épiscopalienne américaine, forte de 2,1 millions de membres et présente dans 38 États américains, est la 10e Église protestante aux États-Unis en nombre de fidèles.
L’éventualité de cette nomination a suscité des protestations hier dans l’Église anglicane d’Angleterre.
« En agissant comme elle l’a fait, l’Église américaine s’est exclue de l’anglicanisme historique. Ils se transforment en secte américaine. J’espère que l’Église d’Angleterre va rompre ses relations avec eux », a commenté hier le révérend David Phillips, secrétaire général de la Church Society.
« C’est un sujet important, cela montre que les dirigeants de l’Église américaine ne sont pas chrétiens, ils suivent leurs propres idées comme ils l’entendent », a-t-il déclaré, ajoutant : « Il semble que des Églises d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du Sud vont maintenant rompre avec l’Amérique du Nord. »
En confirmant cette nomination, « l’Église américaine se placerait en dehors de la Communion anglicane. Hélas, ce serait une grande perte pour eux et pour la Communion anglicane dans son ensemble », a-t-il estimé.
Le Mouvement chrétien des gays et lesbiennes s’est au contraire réjoui: « Nous espérons que l’Église d’Angleterre et d’autres parties de l’Église anglicane vont trouver des encouragements dans cette décision prophétique et vraiment chrétienne de l’Église américaine », a déclaré l’un de ses responsables, Richard Kirker.


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