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L’État hébreu a tiré des bénéfices stratégiques de la guerre d’Irak

La victoire américaine en Irak a creusé l’avantage stratégique dont bénéficie Israël face à ses voisins, mais nécessite un réexamen des priorités pour l’armement de l’État hébreu, estiment des experts du Centre d’études stratégiques Jaffee.
« L’avantage dont bénéficiait Israël face à ses voisins arabes s’est creusé avec la disparition de la menace que faisait peser l’Irak », a estimé Ephraïm Kam, directeur adjoint du centre Jaffee, à l’occasion de la publication du rapport annuel de cette institution intitulé « L’équilibre stratégique au Moyen-Orient 2002-2003 ».
Un deuxième rapport portant sur « l’après-guerre en Irak » a également été présenté lors d’une conférence de presse. Selon M. Kam, la victoire américaine en Irak devrait « freiner la course aux armements dans la région car elle a permis de mettre fin à un régime radical, (et) d’exposer la faiblesse du monde arabe tout en suscitant des pressions américaines accrues sur des pays tels que l’Iran et la Syrie ».
Mais, a ajouté ce chercheur, si les États-Unis « ne parviennent pas à stabiliser la situation en Irak, certains des bénéfices qu’Israël a retirés de cette guerre disparaîtront ». Faisant allusion au budget de la Défense, le général de brigade de réserve Shlomo Brom a estimé que les responsables israéliens devraient profiter de cette situation pour « sacrifier certaines vaches sacrées ». « L’abandon du projet de construction d’un nouveau modèle de char Merkava me semble positif car Israël doit, avant tout, investir dans les secteurs où nous disposons d’un réel avantage technologique », a-t-il dit.
Il faisait ainsi allusion au vif débat opposant depuis quelques semaines le ministre des Finances Benjamin Netanyahu, qui souhaitait imposer des coupes drastiques dans le budget de la Défense 2004, en arguant de la disparition de la « menace irakienne sur le front oriental ». Mais soumis aux pressions de l’armée et du ministère de la Défense, le Premier ministre Ariel Sharon n’a donné son feu vert qu’à une réduction trois fois inférieure à celle préconisée par le Trésor. D’autre part, MM. Kam et Brom se sont prononcés contre une éventuelle expulsion ou élimination du dirigeant palestinien Yasser Arafat et ont estimé que « de telles mesures seraient stupides car elles porteraient atteinte aux intérêts d’Israël et ne manqueraient pas de provoquer une vague terroriste ».
Les deux chercheurs se sont également montrés pessimistes sur les espoirs d’une relance des négociations israélo-palestiniennes.
« Les États-Unis ne sont pas suffisamment impliqués, l’Autorité palestinienne est en voie de désintégration, avec des bandes locales qui commettent des attentats à leur guise, et le gouvernement israélien est paralysé par ses divisions », a dit M. Brom.
Un spécialiste du nucléaire, Ephraïm Asculai, a estimé, pour sa part, que l’Iran allait « continuer à gagner du temps » face à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) pour tenter d’achever son programme nucléaire militaire avant que de possibles sanctions internationales lui soient imposées.
Enfin, Yoram Schweitzer, un expert en matière de terrorisme, a estimé que la communauté internationale, en particulier l’Onu, devait contraindre les « pays où des organisations terroristes sont installées dans des régions à reprendre le contrôle » de ces zones.
Parmi ces pays, il a cité notamment l’Afghanistan, le Kenya, le Pakistan, l’Indonésie, le Yémen, l’Arabie saoudite et la Thaïlande.
La victoire américaine en Irak a creusé l’avantage stratégique dont bénéficie Israël face à ses voisins, mais nécessite un réexamen des priorités pour l’armement de l’État hébreu, estiment des experts du Centre d’études stratégiques Jaffee.« L’avantage dont bénéficiait Israël face à ses voisins arabes s’est creusé avec la disparition de la menace que faisait peser l’Irak », a estimé Ephraïm Kam, directeur adjoint du centre Jaffee, à l’occasion de la publication du rapport annuel de cette institution intitulé « L’équilibre stratégique au Moyen-Orient 2002-2003 ».Un deuxième rapport portant sur « l’après-guerre en Irak » a également été présenté lors d’une conférence de presse. Selon M. Kam, la victoire américaine en Irak devrait « freiner la course aux armements dans la...