C’est Nayla Kettaneh Kunig qui a eu, la première, la bonne idée d’inviter Frank Christen au Liban, à l’occasion de la foire Artuel, en 1999. Ce jeune photographe, qui a grandi en Alsace et reçu sa formation en Belgique, essentiellement portraitiste, même quand il fait du paysage, s’était délibérément égaré au musée archéologique de Beyrouth. Un petit tour parmi les bas-reliefs, les statues d’enfants et les amulettes lui avait permis de tirer une conclusion qui lui ressemble : « Les libanais sont gentils, bienveillants et optimistes .» Le saviez-vous, ailleurs, les représentations du lion sont agressives, violentes. Celles que nous avons en patrimoine sont rondes, amènes, affectueuses. Christen s’attache à ce pays, y revient au moins une fois l’an avec toujours du pain impatient sur la planche. Photographe en titre de la maison Hermès, il s’attaquera bientôt au rajeunissement de Rodier, une signature dont les lignes trop classiques commençaient à sombrer dans l’ennui. Appelé à illustrer pour ses commanditaires une certaine catégorie sociale : la femme au fort pouvoir d’achat (40-50 ans), il porte sur ses modèles un regard à la fois tendre et fasciné. Le mannequin Charlotte Flossaut le touche particulièrement. Dans la lignée des Inès de la Fressange, elle représente admirablement les femmes de cette génération, radieuses, créatives, libres, épanouies et sûres d’elles-mêmes, fortes de leur belle maturité avec une fragilité inavouée due au déclin qui guette. Ce modèle qui a porté avec grâce les créations de la petite maison de haute couture de la styliste Adeline André, de même que celles de Carlo Ponti, avait également lancé le carré permanenté dans les années 80. Par l’image de cette femme qu’il trouve encore plus belle depuis qu’elle a eu deux enfants, Christen montre le mystère et la sensualité de toutes les autres. « L’œil du photographe est un filtre, un angle particulier au moyen duquel une personne est vue par une autre. Il est rare qu’un modèle s’aime en photo. Ce n’est pas un échange anodin. On absorbe beaucoup d’ego dans la réalisation d’un portrait. Beaucoup de la matière spirituelle de l’autre, des ondes positives et surtout négatives pour apporter la détente nécessaire à celui qui prête son image. » Pour Christen, il y a encore plus à faire dans l’alchimie du tirage. Cette opération peut nécessiter plusieurs heures, d’autant qu’il refuse la tyrannie du Photoshop. Mode ou pas, pour se détendre, « l’œil » d’Hermès se plonge dans la nature et « fait » du paysage comme il traite les portraits. Ses cèdres, ses branches en fleurs de pommiers ou de cerisiers sont autant de visages enfouis dans la fraîcheur d’une toile de Jouy tendue à même le ciel. Quel talent !
Tendances
L’éternel retour de la bête
On n’a pas oublié les campagnes écologiques des années 80, les premières publicités « trash » où le manteau de fourrure immaculé laissait des traînées de sang. Depuis, le synthétique s’est fait chic, engagé, cérébral, même s’il s’en est trouvé pour clamer : « pauvre maman synthétique ! » comme on le faisait pour les mamans phoques. Toujours est-il qu’après la paix des braves, la jungle au-dehors a repris le dessus. Voilà vingt ans que le motif animal est une constante. Cet hiver, il sort de sa latence pour se manifester bruyamment. En ville, le camouflage est de rigueur et le treillis triomphe sur les trottoirs. Les femmes arborent, imprimés sur soie, en blouses, en chemises, en jupes, en détail de cols ou de ceintures, les trophées des chasseurs d’antan. Pas besoin de tuer l’animal pour avoir sa peau, il suffit de copier ses zébrures et ses taches, varier les couleurs, semer des paillettes sur le tout pour transformer la femme en espèce mutante de l’ère nouvelle. Une espèce qui affiche une bestialité sexy jusqu’au bout des griffes, une félinité qui sait feuler ses colères et ses envies. Décidément, la séduction n’a pas fini d’emprunter à la nature. Les cousines urbaines du léopard, du tigre, du zèbre ou de la girafe ont encore une belle saison pour se laisser apprivoiser.
Le trench promet
de trancher!
Est-ce le coup de jeune donné à la très anglaise maison Burberry’s dont le trench était l’incontournable de l’élégance country ? Pluie ou pas, avec le réchauffement soupçonné de la planète, le trench va bientôt damer le pion au manteau et autres Löden. Avec ses textures cirées, ses cotons imprimables à souhait, son allure unisexe et décontractée, ses diverses longueurs, les stylistes en ont fait leur chouchou de la saison prochaine. Emilio Pucci en a fait un support idéal pour une toile pop art en diable. Vuitton l’a évidemment couvert de son monogramme. Bally l’a dessiné tout court, à porter sur des chaussettes de collégienne, façon sixties. Etro l’a somptueusement semé de motifs cachemire qui lui sont chers. Ludique et pratique, le trench va faire fureur. À porter même par temps sec. Pour le plaisir.
Du style en grand
pour les « petites »
Surtout pas de talons vertigineux ! C’est l’erreur fréquente des femmes qui mesurent moins de 163 cm. Le secret, c’est de penser proportions. Avec des accessoires choisis en fonction de votre taille, vous serez toujours élégante.
Préférez les coupes droites ou semi-ajustées. La ligne trapèze et l’ultralong vous écraseront
La maille à mini côtes, les motifs minuscules, le velours milleraies au lieu des larges côtes et les vêtements dotés de boutons plus petits sont pour vous.
Des chaussures qui vous grandissent, essayez les plates-formes modérées et les talons compensés de hauteur moyenne. C’est beaucoup mieux que des talons hauts ! Portez aussi des collants à rayures verticales ou des teintes unies. Effet allongeant garanti.
Préférez les talons droits ou à jambe étroite. La jambe large ou le pantalon très long donneront l’impression que vous êtes perdue dans vos vêtements.
Enfin les classiques : accessoires plus petits, lignes verticales, look monochrome, épaulettes légères. Côté coiffure, évitez les styles très en volume : des cheveux plus près de la tête allongent la silhouette et ne risquent pas de l’écraser.
RUBRIQUE RÉALISÉE PAR FIFI ABOU DIB
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